
Le 12 mai 2026, Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction par intérim de Groupe TVA, a lancé un appel franc : « Tout le monde doit mettre la main à la pâte ». Il n’y va pas par quatre chemins : pour lui, l’avenir des télédiffuseurs privés dépend d’une coopération large et rapide entre acteurs du secteur.
Péladeau pose le problème sans détour. La survie des diffuseurs privés ne se joue plus seulement dans les salles de rédaction ou les studios, mais dans la capacité de l’ensemble de l’industrie télévisuelle à repenser son modèle et à mutualiser des solutions. Son message vise autant les chaînes que les producteurs, les agences publicitaires et les pouvoirs publics : il veut que chacun prenne sa part du risque et de l’effort.
Groupe TVA a réduit ses pertes de 16 millions de dollars au premier trimestre. La société renouerait même avec la rentabilité en télédiffusion pour la première fois depuis 2021. Ces chiffres donnent de l’air, mais Péladeau insiste : ce redressement ne suffit pas à garantir la pérennité du modèle.
Le sous-texte est limpide. Une remise à flot ponctuelle peut masquer des fragilités structurelles — recettes publicitaires sous pression, fragmentation des audiences, coûts de production élevés — que les seules économies d’échelle d’un groupe ne combleront pas. Sans coordination et sans nouveaux mécanismes de partage des revenus ou d’investissements, d’autres chaînes pourraient se retrouver dans la même situation que il y a quelques années.
Sa proposition reste volontairement large : collaborer. Il évoque la nécessité d’un effort collectif plutôt que d’initiatives isolées ou d’une concurrence interne stérile. Concrètement, cela signifie partager des contenus, mutualiser des plates-formes techniques et explorer des accords commerciaux qui favorisent la circulation des productions locales.
Péladeau appelle aussi à une prise de conscience politique et économique. Si les télédiffuseurs privés doivent jouer un rôle dans l’écosystème médiatique, il faudra que le cadre réglementaire et financier encourage leur résilience. Il n’a pas détaillé de mesures précises — l’objectif est d’abord d’allumer l’alerte et d’ouvrir la discussion.
Le ton est volontairement urgent, mais pragmatique. La réussite de ce pari collectif ne sera ni rapide ni automatique ; elle demandera de la volonté et des compromis. Reste que, pour Péladeau, la question est simple : sans coopération, les diffuseurs privés risquent de perdre une bataille dont la défaite appauvrirait l’offre télévisuelle québécoise.