
Le gouvernement a dégainé un plan anticrise après un Conseil des ministres extraordinaire agité, marqué par deux heures de protestation du groupe Sumar. Le texte rassemble 80 mesures, publiées ce samedi au Bulletin officiel de l'État (BOE), et est entré en vigueur dimanche matin. L'objectif affiché : atténuer l'impact de la guerre au Proche‑Orient sur les prix de l'énergie et le pouvoir d'achat.
Le plan comprend 80 mesures réparties en deux décrets : l'un sur le logement, l'autre sur une vaste baisse fiscale. La remise à la pompe atteint 30 centimes le litre sur l'essence et 23 centimes sur le diesel.
Concrètement, les automobilistes ont commencé à ressentir la différence dès dimanche. Remplir un réservoir de 55 litres avec de l'essence 95 revient environ 16 euros moins cher; pour un plein de diesel, l'économie tourne autour de 13 euros. Les professions les plus exposées — agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et chauffeurs professionnels — bénéficieront d'une remise renforcée de 20 centimes par litre jusqu'au 30 juin.
Sur les factures domestiques, l'impact est plus modéré mais réel si les cours restent élevés. Selon la Organisation de consommateurs (OCU), la baisse fiscale devrait faire gagner environ 10 euros par mois sur la facture d'électricité pour un foyer moyen, et près de 20 euros par mois sur la facture de gaz naturel pour un foyer consommant comme durant les mois de chauffage.
Le gouvernement mise donc sur un effet rapide et visible à la pompe, complété par des économies récurrentes sur les factures énergétiques. Mais ces mesures ont une durée limitée et une portée inégale : la remise sectorielle au carburant expire fin juin, et l'allègement fiscal sur l'électricité et le gaz dépend de l'évolution des prix mondiaux.
Pour la population, l'essentiel est tangible et immédi ; pour l'économie, la question reste ouverte. Si les marchés de l'énergie se stabilisent à la hausse, les économies promises pourraient s'évaporer. Et sur le plan politique, la cohésion de la majorité a été mise à l'épreuve : un compromis a été trouvé, mais pas sans frictions.
En clair : des économies visibles tout de suite à la pompe et de petites respirations sur les factures, mais des mesures temporaires et conditionnelles. Les ménages verront rapidement l'effet sur leur portefeuille; le reste dépendra des prix internationaux et de l'horizon politique.