
Le 5 mars 2026, Donald Trump annonce que Kristi Noem quitte son poste de secrétaire à la Sécurité intérieure et devient envoyé spécial pour une nouvelle coalition de sécurité dans l’hémisphère occidental. Sous sa direction, depuis janvier 2025, les traversées à la frontière ont chuté et les expulsions ont augmenté — résultat concret d’une politique dure sur l’immigration, mais aussi source de vives critiques.
La réputation publique de Noem a été entachée par des passages de sa mémoire et par des déclarations contradictoires. Dans No Going Back, elle raconte avoir tiré sur son chien de chasse de 14 mois parce qu’il était « intraitable » ; elle admet aussi avoir tué une chèvre. La même édition contenait un récit d’une rencontre avec Kim Jong Un que son camp a dû ensuite reconnaître comme inexact.
Au Sénat, le 3 mars, le républicain Thom Tillis l’a interpellée sur ces actes, les qualifiant de « mauvaises décisions prises sous le coup de l’émotion ». Lors de l’annonce du remplacement de Noem par le sénateur Markwayne Mullin, Tillis publie sur X une photo de Mullin avec ses six enfants et la remarque : « Another big positive: he likes dogs. »
Le 7 janvier, un agent de l’ICE a abattu Renee Good; le 24 janvier, des agents de la Border Patrol ont tiré sur Alex Pretti. Noem a rapidement décrit les deux victimes comme des agresseurs et a qualifié leurs actes « d’actes de terrorisme domestique », avant que les enquêtes et les images ne remettent en cause ses affirmations publiques.
Face aux familles, elle n’a pas présenté d’excuses, se contentant d’exprimer ses condoléances. Ces affaires ont ravivé les critiques sur la façon dont le département gère l’usage de la force et sur le nombre croissant de décès en détention relevant de l’ICE.
Sous Noem, le ministère a dépensé des dizaines de millions pour promouvoir la politique d’expulsion de l’administration. Un contrat publicitaire de 220 millions de dollars avec Strategy Group — une société liée à l’entourage de Noem et aux proches de son ancien porte-parole — a déclenché des accusations de favoritisme. Corey Lewandowski, ancien directeur de campagne de Trump et proche conseiller, a le statut de « special government employee » au sein du département.
Plusieurs documents internes montrent que Noem avait centralisé les validations de contrats supérieurs à 100 000 dollars vers son bureau et ses principaux adjoints; en comparution, elle a nié que Lewandowski jouait un rôle dans ces approbations, une version que des enquêtes journalistiques jugent contradictoire. Des questions ont aussi été posées sur la nature exacte de sa relation professionnelle avec Lewandowski.
Bilan : une gestion qui a produit des résultats politiques notables mais aussi une série de controverses personnelles et institutionnelles qui ont fini par miner sa légitimité au sein de l’administration.