
Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche sur la rive sud de la Tamise pour l’édition annuelle du rassemblement pro‑Iran Al‑Quds à Londres, où des slogans appelant à la « mort » de l’IDF ont été scandés à pleine voix. La banderole derrière ces cris : le rappeur Bobby Vylan, qui a pris la parole devant la foule et relancé le refrain controversé.
La ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood a interdit la marche prévue. La police londonienne a procédé à 12 arrestations.
Les autorités avaient déjà anticipé des heurts. En interdisant le défilé, le gouvernement invoquait un risque réel de troubles graves ; la police a alors autorisé un rassemblement statique sur la rive sud et séparé les manifestants des contre‑manifestants en utilisant la Tamise comme zone tampon. Les opposants à la marche s’étaient massés sur Millbank, de l’autre côté de l’eau, mais la séparation n’a pas empêché les invectives visant Israël et les communautés juives.
Un porte‑parole de Scotland Yard a indiqué enquêter sur les chants lancés par un intervenant lors du rassemblement. « Nous avons connaissance des chants prononcés par un orateur et nous allons enquêter », a‑t‑il déclaré, ajoutant : « Nous reconnaissons l’inquiétude que suscite ce type de séquences, en particulier au sein des communautés juives de Londres. » Les 12 arrestations portent sur des faits divers, dont le soutien allégué à une organisation proscrite, des voies de fait et des comportements menaçants ou injurieux.
Le contexte politique n’était jamais loin. L’événement était organisé par l’Islamic Human Rights Commission (IHRC), qui présente la manifestation comme un soutien pacifique aux Palestiniens. Des députés et des pairs ont, pour leur part, qualifié le rassemblement de « meeting de haine » et accusé l’IHRC d’entretenir des liens avec le régime iranien, des allégations que l’organisation nie.
Bobby Vylan revient ainsi au centre d’une polémique déjà vive depuis juin : sa prestation à Glastonbury, où des chants similaires avaient été entendus, avait suscité la condamnation du Premier ministre Keir Starmer et de l’ambassade d’Israël à Londres, et contraint la BBC à présenter des excuses pour avoir diffusé le concert en direct. À l’époque, la police du Somerset avait enquêté mais estimé que les propos ne répondaient pas au seuil de poursuites pénales.
Au micro dimanche, Vylan a critiqué la politique occidentale au Moyen‑Orient et a déclaré : « Nous sommes ici incassables et humains, toujours aux côtés du peuple de Gaza. » Il a conclu son intervention par ces mots : « Je voudrais conclure par ‘Mort, mort, mort à l’IDF’. » Les autorités ont confirmé qu’elles examinaient ces déclarations dans le cadre de leur enquête.