
La préfecture des Landes a annoncé lundi la suspension de la directrice départementale de la police nationale, suite à des manquements répétés. Cette décision a été qualifiée d'arbitraire par le principal syndicat de commissaires, qui appelle à une intervention du ministère de l’Intérieur.
Le cabinet du préfet, Gilles Clavreul, a précisé que cette décision fait suite à une série de rappels à l’ordre, notamment au début et à la fin de l'été 2025. De nouveaux problèmes ont été constatés depuis le début du mouvement des agriculteurs en décembre, ce qui a conduit à la demande de cessation des fonctions de Mazin-Bottier.
Un incident clé a été la gestion d'une manifestation agricole non déclarée le 11 janvier, où des individus ont soudé des chaînes aux grilles de la préfecture. Le préfet a donné des instructions pour disperser ces personnes, mais celles-ci n'ont pas été suivies, ce qui a aggravé la situation.
Le communiqué souligne qu'il n'y a eu aucune indication de risque ou d'impossibilité d'agir. Agnès Mazin-Bottier, alors à la tête des commissariats de Dax et Mont-de-Marsan, a annoncé son départ à la retraite le 14 janvier, après 36 ans de service.
Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) a dénoncé cette décision comme étant illégale et méprisante. Selon eux, la communication par SMS du préfet, lui reprochant d’avoir désobéi, est inacceptable. Frédéric Lauze, le secrétaire général du SCPN, a été interrogé sur cette situation.
Le syndicat affirme que la manifestation s'est déroulée sans violence grâce à un dialogue normal maintenu par la commissaire. Ils soulignent que les agriculteurs sont des interlocuteurs respectables, et non des black blocs.
Le SCPN a également mis en lumière le fait que les effectifs de la DDPN sont très faibles, avec seulement 10 personnes. Cela complique la gestion des manifestations et limite les capacités d'intervention, même si cela est jugé nécessaire.
Le syndicat a demandé une réunion avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, prévue pour début février. L'objectif est de dénoncer la pression et l'immixtion croissante de certains préfets dans la gestion du maintien de l’ordre par les forces de police.
La mise à l'écart de la directrice de la police nationale dans les Landes soulève de nombreuses questions sur la gestion des manifestations et les rapports entre les préfets et les forces de police. Les réactions du syndicat montrent une volonté de défendre un dialogue constructif dans la gestion des crises.