
Brest, dans le Finistère, se distingue aujourd'hui comme la dernière grande ville française de plus de 100 000 habitants sans police municipale. Cette situation pourrait changer si François Cuillandre, le maire actuel, remporte les élections municipales de mars prochain. Bien qu'il ait longtemps été opposé à cette idée, son avis semble évoluer.
François Cuillandre, maire depuis 2001, a souvent critiqué la création d'une police municipale. En septembre 2022, il avait déclaré à l'AFP que les maires, surtout ceux de gauche, qui acceptaient cette option, prenaient des responsabilités qui incombaient à l'État. Cependant, son discours a récemment changé.
Lors d'une conférence de presse, Cuillandre a expliqué que le contexte du pays avait évolué, notamment à cause de la montée du narcotrafic. Il a souligné que la création d'une police municipale de proximité pourrait aider la police nationale à mieux accomplir ses missions, notamment la lutte contre le narcotrafic.
Pour son cinquième mandat, Cuillandre s'est engagé à recruter 50 policiers municipaux d'ici la fin de son mandat. Il a qualifié cet objectif de dimensionnement réaliste avec un coût de trois millions d'euros par an. Ces agents ne seront pas armés de manière létale, mais disposeront de bâtons, de menottes et de bombes lacrymogènes.
Ce changement de cap le rapproche de ses concurrents, qui soutiennent également la mise en place d'une police municipale, à l'exception de La France Insoumise. Cette nouvelle orientation pourrait influencer l'électorat lors des prochaines élections.
Stéphane Roudaut, candidat de la droite et du centre, a promis une force armée de 150 policiers municipaux. Il a également proposé de transformer les élections en un référendum sur la police municipale. Cette approche vise à mobiliser les électeurs autour de cette question cruciale pour la sécurité de la ville.
La montée des préoccupations liées à la sécurité a conduit à un débat intense sur la nécessité d'une police municipale à Brest. Les différentes propositions reflètent des visions variées sur la manière d'assurer la sécurité des citoyens.
En France, les effectifs des polices municipales dépassent 28 000 agents dans environ 4 500 communes, selon le ministère de l'Intérieur. Cette réalité souligne l'importance croissante de ces forces locales pour la sécurité publique. La situation à Brest pourrait donc s'inscrire dans une tendance nationale vers un renforcement de la sécurité locale.
La création d'une police municipale à Brest pourrait également servir de modèle pour d'autres villes confrontées à des défis similaires. Cela soulève des questions sur le rôle des maires et l'interaction entre les forces de police nationale et municipale.
La question de la police municipale à Brest est désormais au cœur des débats politiques. Avec un maire qui change de position et des candidats qui proposent des solutions variées, l'avenir de la sécurité à Brest semble en pleine évolution. Les élections municipales de mars prochain seront déterminantes pour définir la direction que prendra la ville en matière de sécurité.