
Le lac d’Annecy, réputé pour ses eaux turquoises et sa pureté, fait face à une nouvelle réalité inquiétante. Une étude commandée pour un documentaire de France 5 met en lumière une pollution aux microplastiques et aux molécules toxiques. Cette situation soulève des questions sur la qualité de l'eau et l'impact sur la santé publique.
Historiquement considéré comme le lac le plus pur d'Europe, le lac d’Annecy affiche des taux de nitrate et de pesticides très bas. Cependant, l'étude révèle que l'abrasion des pneus, surtout lors des jours de pluie, contribue à une pollution alarmante. Les microplastiques et les composés chimiques se retrouvent dans l'eau, menaçant ainsi l'écosystème local.
Anne Lassman-Trappier, présidente de France Nature Environnement Haute-Savoie, souligne l'urgence de la situation. Elle déclare : « Il faut tirer la sonnette d’alarme. » Les résultats de l'étude montrent que plus d'un tiers des habitants testés sont positifs aux DPG, un composé chimique nocif pour la santé.
Chaque pneu de voiture libère en moyenne 4 kg de matière durant sa durée de vie. Ce chiffre est encore plus élevé pour les SUV, en raison de leur poids. Avec environ 25 000 véhicules empruntant quotidiennement les routes autour du lac, cela représente au moins 400 tonnes de microplastiques dispersés dans l'environnement.
Les taux de pollution mesurés dans le lac d’Annecy sont comparables à ceux d'agglomérations comme Canton en Chine. Cette situation a suscité des réactions parmi les habitants, comme Antoine, un jeune Annécien, qui exprime sa surprise face à cette réalité.
Les élus locaux, comme Fabienne Grébert, ont rapidement réagi. Elle propose de stopper le ruissellement des eaux de chaussée dans le lac et d'étudier un projet de tramway. Le Syndicat mixte du lac d’Annecy assure qu'il examine ces solutions tout en maintenant que le lac est globalement en bonne santé.
Frédérique Lardet, présidente du Grand Annecy, confirme que les mesures d'eau potable sont conformes aux normes. Cependant, cela ne diminue pas l'inquiétude face à la pollution croissante.
Florent Capretti, l'un des derniers pêcheurs professionnels du lac, se montre sceptique quant à l'ampleur de la pollution. Il affirme n'avoir jamais observé de poissons morts. Pourtant, FNE Haute-Savoie met en garde contre l'impact des microplastiques sur les salmonidés et la chaîne alimentaire, affectant potentiellement l'homme.
Cette situation soulève des préoccupations non seulement pour le lac d’Annecy, mais aussi pour toutes les agglomérations où la circulation automobile est intense. La santé des écosystèmes et des populations dépend de notre action.
Le lac d’Annecy, symbole de pureté, doit faire face à une réalité alarmante. Les résultats de l'étude mettent en lumière la nécessité d'agir pour protéger cet écosystème fragile. Il est essentiel de réduire la pollution et de repenser nos modes de transport. L'avenir du lac et de ses habitants en dépend.