Plan gouvernemental et objectif chiffré
Le gouvernement accélère : présenté le 23 avril, son plan d’électrification mise sur la pompe à chaleur (PAC) pour sortir du gaz et protéger le pouvoir d’achat des ménages. Le calcul est simple sur le papier : moins de fossiles, plus d’électricité. Le chiffre-clé est ambitieux — le gouvernement vise l’installation d’un million de pompes à chaleur par an d’ici 2030. Le contexte rend l’opération urgente : plus de 10 millions de foyers chauffent encore au gaz et le prix repère de vente du gaz a augmenté de 15,4 % au 1er mai 2026, soit 6,19 € TTC en moyenne sur la facture de mai.
Performante, mais pas automatique
Les PAC, qu’elles puisent leur énergie dans l’air (aérothermie) ou le sol (géothermie), restituent beaucoup de chaleur pour peu d’électricité. L’Ademe, qui a publié une étude le 7 octobre 2025 sur une centaine d’installations, conclut qu’elles permettent en moyenne de diviser par deux la facture énergétique par rapport à une chaudière traditionnelle. Leur coefficient de performance (COP) dépasse souvent 3 et peut atteindre 7 : 1 kWh électrique peut produire 3 à 7 kWh de chaleur.
Pourtant, la performance dépend surtout de l’installation. L’Ademe a constaté qu’environ un tiers des PAC étudiées souffraient d’un mauvais dimensionnement ou d’un réglage inadapté. Une pompe trop puissante s’allume et s’éteint sans atteindre son régime optimal ; une pompe trop faible tourne en permanence sans chauffer correctement.
« Une pompe trop puissante va passer son temps à s’allumer et à s’éteindre », avertit Mahel Gonsalez‑Mortreux (Négawatt). À l’inverse, dans le Sud, les performances sont en moyenne 30 % supérieures, rappelle l’Ademe.
Le diable est dans la pose
Les problèmes viennent moins de la technologie que du savoir-faire. L’Ademe note que beaucoup de dysfonctionnements tiennent à des erreurs de pose ou au choix d’équipements inadaptés au bâti. « Une pompe mal posée et mal réglée, même “haut de gamme”, ne tiendra pas ses promesses », prévient l’agence.
Or trouver un installateur compétent reste un défi : historiquement, les chauffagistes sont formés au gaz. Les artisans qui ont une expérience de frigoriste maîtrisent mieux les fluides frigorigènes et la gestion des cycles. Isabelle Gasquet, porte‑parole du réseau Cler, insiste sur l’enjeu de la formation des installateurs pour éviter que la massification se traduise par une explosion des pannes.
Vérifications indispensables avant l’investissement
Ne vous lancez pas les yeux fermés : vérifiez le dimensionnement, exigez la loi de l’eau — c’est‑à‑dire le réglage fin de la température d’eau en fonction de l’extérieur — et choisissez un installateur ayant des références PAC et des interventions documentées. Une PAC bien conçue et bien posée peut réduire fortement vos coûts et vos émissions ; une PAC mal réglée coûtera cher et chauffera mal.
En bref, la pompe à chaleur vaut le coup, à condition qu’elle soit correctement dimensionnée, réglée et posée par un professionnel compétent.
