
Visé par une procédure disciplinaire au Conseil d’État, l’ex-avocat Arno Klarsfeld a décidé de porter plainte pour incitation à la haine. Ses avocats ont annoncé cette démarche face aux centaines de tweets abjects le visant. Ils soulignent que différents organes de presse ont relayé l'ouverture de cette procédure par le président de la commission supérieure du Conseil d’État.
Les fuites concernant cette affaire ont entraîné un déferlement d’insultes antisémites, selon ses avocats. Arno Klarsfeld, âgé de 60 ans, a suscité l'indignation après avoir évoqué sur CNews le lancement de « grandes rafles » en France pour arrêter les étrangers en situation irrégulière.
Selon ses avocats, les griefs retenus tronquent l’élément essentiel de son intervention. Celle-ci était liée à un viol présumé par un OQTF d’une nonagénaire à Nice. Klarsfeld a livré une analyse critique de la politique américaine, notant qu’elle entraînait de multiples injustices.
Le terme de « rafle » a été utilisé dans son acception strictement lexicale, selon ses avocats, qui réfutent toute équivalence avec « l’action des nazis ». Ils soulignent que l'arrestation de délinquants sous OQTF ne peut pas être comparée à l'envoi d'enfants juifs vers la mort.
Arno Klarsfeld souhaite mettre fin à cette campagne par toute voie de droit, affirmant qu'elle lui met « une cible dans le dos ». Ses avocats rappellent l'engagement de Klarsfeld et de sa famille dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, ainsi que leur soutien à Israël.
Dimanche, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a exprimé son incrédulité face aux propos de Klarsfeld. Il a réagi sur X, demandant si cela pouvait vraiment être vrai. Faure a également évoqué la possibilité de poursuites judiciaires pour provocation à la discrimination.
Les parents d'Arno Klarsfeld ont milité contre l'impunité des anciens nazis et ont créé une association pour soutenir les Fils et Filles de déportés juifs de France. En France, les persécutions des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale sont marquées par des événements tragiques, notamment la Rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942.
Lors de cette rafle, plus de 13 000 personnes ont été arrêtées, un épisode sombre de l’histoire française. Cette mémoire reste vive, et les débats autour de la mémoire et de la justice continuent d'alimenter les discussions contemporaines.
La situation d'Arno Klarsfeld soulève des questions cruciales sur la liberté d'expression et les limites de la critique. Les réactions à ses propos témoignent d'un climat social tendu. Cette affaire met en lumière les enjeux liés à la mémoire historique et à la lutte contre l'antisémitisme en France.