
Face aux bouleversements de l’ordre mondial, le Royaume-Uni sort l’artillerie lourde. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé le déploiement « cette année » du groupe aéronaval de son pays dans l’Atlantique Nord et le Grand Nord. Cette mission vise à renforcer la sécurité dans ces régions.
Starmer a déclaré : « Je peux annoncer aujourd’hui que le Royaume-Uni déploiera cette année son groupe aéronaval dans l’Atlantique Nord et le Grand Nord, centré sur le porte-avions HMS Prince of Wales ». Il a précisé que cette opération se fera en collaboration avec les États-Unis, le Canada et d’autres alliés de l’Otan. Cette annonce représente une démonstration forte de l'engagement britannique pour la sécurité euro-atlantique.
Ce déploiement intervient alors que l’Atlantique Nord et l’Arctique sont redevenus un théâtre majeur de tensions, notamment face à la Russie. Le ministère de la Défense britannique a indiqué que l'objectif est de « dissuader l’agression russe et protéger les infrastructures sous-marines vitales ». Il a été précisé que des navires de guerre de la Royal Navy, des avions F-35 et des hélicoptères seront déployés.
Le chef d’état-major de l’armée norvégienne, Eirik Kristoffersen, a récemment évoqué une possible annexion d'une partie de la Norvège par Moscou. Cela viserait à protéger ses installations nucléaires dans la péninsule de Kola, à proximité de la frontière norvégienne. L’activité sous-marine russe dans la région est en forte croissance, avec une augmentation de 30 % des navires russes menaçant les eaux britanniques.
Le ministre de la Défense, John Healey, a déclaré que ce déploiement « contribuera à rendre la Grande-Bretagne prête au combat ». Il a également souligné l'importance d’accroître la contribution britannique à l’Otan et de renforcer les opérations avec des alliés clés. Cela garantira la sécurité du Royaume-Uni tant sur son territoire qu'à l'étranger.
L’Atlantique Nord est une zone stratégique pour les sous-marins russes, qui peuvent quitter leurs bases de la flotte du Nord ou de la flotte de la Baltique. Ces sous-marins traversent le passage GIUK, qui est particulièrement surveillé par les alliés. Cette situation géopolitique complexe nécessite une vigilance accrue.
En parallèle, le président américain Donald Trump a récemment exprimé son désir de prendre le contrôle du Groenland. Il a accusé Copenhague et les Européens de ne pas faire assez face aux menaces russes et chinoises. Cette déclaration a suscité des inquiétudes parmi les pays européens, qui voient la nécessité d'une réaction collective.
Début janvier, plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne, la Norvège et la Grande-Bretagne, ont envoyé un contingent militaire au Groenland pour l’exercice danois « Arctic Endurance ». Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a également souligné que l’Europe doit « passer à la vitesse supérieure » et « assumer ses responsabilités » en matière de défense.
Le déploiement du groupe aéronaval britannique dans l’Atlantique Nord témoigne d'une volonté claire de renforcer la sécurité face à des tensions croissantes. Les actions coordonnées entre les alliés, ainsi que la nécessité d'une défense européenne autonome, sont plus que jamais d'actualité. L'avenir de la sécurité euro-atlantique dépendra de la capacité des nations à s'unir face aux défis communs.