
Le Portugal se prépare à voter ce dimanche pour la première tournée des élections présidentielles les plus disputées de son histoire. En effet, jamais en 50 ans de démocratie, une élection n'a été aussi serrée. Les sondages montrent que jusqu'à cinq candidats pourraient passer au second tour, prévu pour le 8 février.
Le Portugal fonctionne sur un système semiprésidentiel où le chef de l'État détient des pouvoirs considérables. Ce dernier peut forcer la démission du gouvernement, dissoudre l'Assemblée de la République et convoquer des élections. Il a également le pouvoir de veto sur les lois.
Historiquement, les présidents ont utilisé ces pouvoirs avec modération. Cependant, si un candidat populiste remportait les élections, certains craignent qu'il n'exerce ces pouvoirs de manière excessive, au-dessus du gouvernement élu.
Plus de 11 millions de Portugais sont appelés à voter, avec cinq candidats ayant de réelles chances d'accéder au second tour. Parmi eux, deux sont soutenus par des partis traditionnels : Luís Marques Mendes du Parti Social-Démocrate et António José Seguro du Parti Socialiste. Ces deux leaders se présentent comme modérés et centrés.
En revanche, trois autres candidats, plus populistes, se distinguent, dont le leader de l'extrême droite André Ventura, qui prône une politique anti-système. Son discours a évolué, cherchant à attirer les électeurs indécis.
André Ventura se décrit comme un radical et appelle à voter contre le régime démocratique établi après la Révolution des Claveles. Bien qu'il ait commencé sa campagne avec des propos xénophobes, il a tenté de modérer son image pour séduire un plus large public.
Les sondages récents lui attribuent jusqu'à 24 % des voix, le plaçant en tête des intentions de vote. Ce succès soulève des inquiétudes quant à la possibilité d'une victoire de l'extrême droite lors des élections.
Parmi les autres candidats, l'amiral Henrique Gouveia e Melo a gagné en popularité grâce à sa gestion des vaccins contre le Covid. Il se présente comme un outsider, éloigné des partis traditionnels. Son image non politique pourrait séduire certains électeurs.
Enfin, João Cotrim, soutenu par Iniciativa Liberal, a récemment connu des revers dans les sondages après avoir envisagé un soutien à Ventura. Ce retournement a affecté sa popularité, illustrant la volatilité de la campagne.
Les élections présidentielles au Portugal s'annoncent comme un tournant potentiel pour le pays. Les résultats pourraient avoir des répercussions significatives sur la politique nationale. Les électeurs sont confrontés à un choix crucial entre la continuité modérée et un changement radical.