Un hiver 2025‑2026 qui n’en finit pas
Vous avez l’impression que l’hiver n’en finit plus? Ce n’est pas qu’une impression. L’hiver 2025‑2026 a duré près de cinq mois et, fin mars, il n’était toujours pas terminé.
Le 26 janvier 2026, une tempête a laissé plus de 10 cm de neige à Montréal. Une déneigeuse opérait sur l’avenue du Parc‑La Fontaine, preuve que la ville a continué à vivre avec la neige longtemps après les fêtes.
Mécanismes atmosphériques du retour du froid
Pourquoi ça dure? D’abord la météo. Des anomalies dans la circulation atmosphérique ont maintenu des masses d’air froid et alimenté des perturbations hivernales tardives.
Résultat: des vagues de froid et des épisodes neigeux espacés, au lieu d’un reflux net vers des températures positives. Quand le thermomètre oscille entre gel et dégel, la sensation de « printemps qui n’arrive pas » se prolonge, même si les jours rallongent.
Neige urbaine, végétation en attente et perception collective
Ensuite, il y a la neige visible. Dans les villes, les bancs de neige compactés et les corniches restent longtemps; ils rendent le paysage et les déplacements encore hivernaux alors que la campagne peut déjà verdir.
Les trottoirs encombrés et les flaques boueuses font reculer les premières sorties en T‑shirt. Sur le plan végétal, le débourrement des arbres et des fleurs attend souvent une série de jours chauds, pas un seul coup de chaleur passager, ce qui retarde encore la bascule saisonnière.
La perception joue aussi un rôle. Après des hivers récents plus doux, un retour à des conditions plus classiques paraît plus pénible et plus long. Les désagréments — routes glissantes, retards, salage et nettoyage — ont un effet cumulatif sur notre mémoire: on retient surtout les journées froides et pluvieuses. De plus, l’attente psychologique du printemps est devenue un point de référence collectif, amplifiant toute rechute hivernale.
Variabilité climatique et consolation pratique
Enfin, le climat change la donne sans toujours simplifier la lecture des saisons. L’augmentation des variations météo rend les transitions plus irrégulières: parfois des hiverées courtes et intenses, parfois de longs sursis du froid. Cela ne veut pas dire que le printemps ne viendra pas, mais qu’il peut arriver de façon morcelée — parti par parti, jour après jour.
Si vous cherchez une consolation pratique: la fonte finale est souvent brutale — un épisode de pluie suivie de températures au‑dessus de zéro accélère la disparition de la neige urbaine. En attendant, il faut composer avec des bottes, des pelleteuses et cette sensation tenace que, cette année, l’hiver a voulu laisser sa marque.
