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Poutine : l’armée russe affronte des forces soutenues par l’Otan

Vladimir Poutine au pupitre lors d’une allocution télévisée, drapeaux russes en arrière-plan.

Poutine transforme le 9 mai en tribune pour sa campagne en Ukraine

Le 9 mai 2026, Vladimir Poutine a transformé la traditionnelle commémoration de la victoire sur le nazisme en une tribune pour justifier sa campagne en Ukraine. Depuis la tribune de la place Rouge, il a accusé les forces ukrainiennes d’être « agressives » et d’opérer « armées et soutenues par l’ensemble du bloc de l’Otan », tout en déclarant solennellement : « Je suis fermement convaincu que notre cause est juste. Nous sommes ensemble. La victoire fut nôtre et elle le sera pour toujours. » Cette prise de parole survient au premier jour d’une trêve de trois jours que Kiev a acceptée après son annonce la veille par Donald Trump.

Le défilé a eu lieu sur la place Rouge, à Moscou. Pour la première fois en près de vingt ans, il n’y avait aucun matériel militaire sur la place Rouge.

Format réduit, horaires précis et image contrôlée

Le format était réduit, presque cérémoniel. Le défilé a débuté à 10 h et s’est terminé à 10 h 45, rassemblant plusieurs centaines de soldats mais sans corps de cadets ni écoles militaires. Moscou a visiblement limité les risques : internet mobile coupé dans le centre, rues quasi désertes et sécurité renforcée.

La télévision russe a montré la présence de militaires nord-coréens — Pyongyang avait, selon ces mêmes images, aidé Moscou au printemps 2025 à repousser des troupes ukrainiennes dans la région de Koursk —, signe que la Russie cherche des soutiens extérieurs pour légitimer sa posture.

Invités rares et portée diplomatique limitée

La cérémonie était aussi un rendez-vous diplomatique atone. Peu de chefs d’État étaient présents : seuls les dirigeants du Bélarus, de la Malaisie et du Laos, ainsi que le premier ministre slovaque Robert Fico, ont fait le déplacement, outre les responsables des deux républiques séparatistes géorgiennes reconnues par Moscou mais non reconnues par l’ONU. L’absence d’invités prestigieux et la suppression du matériel militaire sur la place reflètent une volonté claire : commémorer tout en minimisant les provocations susceptibles d’attiser les tensions.

Menaces, frappes et appel à l’unité nationale

Le contexte sécuritaire a pesé sur l’ensemble des cérémonies. Dans les jours précédant le 9 mai, Moscou a dénoncé des menaces d’attaques de drones ukrainiens visant à perturber les commémorations, et a mené des frappes en représailles sur le centre de Kiev. Malgré la trêve annoncée, la rhétorique de Vladimir Poutine demeure centrée sur la légitimité historique — il a invoqué « le grand exploit de la génération victorieuse » pour inspirer les soldats engagés en Ukraine — et sur la nécessité de rallier l’opinion publique russe autour de l’effort de guerre.

Au terme de la journée, le signal est double : la Russie affiche sa détermination et son récit historique, mais choisit la prudence opérationnelle, réduisant la grandiloquence militaire pour limiter les risques d’escalade.

Publié le : 10 mai 2026
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