
La préfecture du Nord a exprimé des préoccupations concernant le groupe scolaire Averroès, le qualifiant de projet lié « clairement à la mouvance » des Frères musulmans. Ce groupe, qui comprend un collège hors-contrat et un lycée, a été au centre d'une controverse liée à l'ouverture d'une nouvelle classe de primaire.
Actuellement, l'établissement accueille près de 800 élèves, ce qui en fait le principal établissement musulman en France. Le directeur, Éric Dufour, a annoncé avoir déposé une demande pour ouvrir une classe de CP à la rentrée 2026.
Dans un courrier daté du 22 janvier, le préfet a refusé cette demande, affirmant que le projet était « clairement rattaché à la mouvance frériste ». Éric Dufour a souligné que cette décision fait écho à une suspicion persistante, malgré les décisions de justice antérieures.
Un recours en référé sera déposé prochainement par l'avocat de l'établissement, Me Paul Jablonski, pour contester cette décision. Cela souligne la volonté de l'établissement de défendre son projet éducatif contre les accusations portées.
Le lycée Averroès a été ouvert en 2003, en réponse à l'interdiction du port du voile à l'école. L'ex-UOIF, maintenant connue sous le nom de Musulmans de France, a soutenu l'établissement, bien qu'il ait été démenti à plusieurs reprises des liens avec les Frères musulmans.
Le 7 décembre 2023, une décision controversée a été prise par le préfet, rompant le contrat d'association du lycée avec l'État. Cette décision a été annulée par le tribunal administratif en avril 2025, qui a jugé que le préfet n'avait pas suffisamment prouvé les accusations de manquements aux principes de la République.
Suite à l'annulation de la décision du préfet, l'Éducation nationale a rétabli les contrats des enseignants du lycée. Cela montre une dynamique complexe entre les autorités éducatives et les établissements scolaires musulmans en France.
En parallèle, l'Assemblée nationale a voté une résolution pour envisager l'inscription des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Cette mesure pourrait avoir des répercussions significatives sur le fonctionnement des établissements liés à cette mouvance.
Le groupe scolaire Averroès se trouve à un carrefour délicat, confronté à des accusations sérieuses et à des décisions administratives. Le recours en référé et les actions à venir seront cruciaux pour l'avenir de cet établissement. La situation met en lumière les tensions entre l'éducation, la religion et les valeurs républicaines en France.