BUENODIA

Près du Panthéon, un appartement à prix dérisoire

Façade d’immeuble près du Panthéon, entrée d’un appartement à prix dérisoire avec porte et boîtes aux lettres

Un appartement du 5e proposé à 25 000 €, une aubaine qui interpelle

Surprise pour les chasseurs de bonnes affaires du 5e arrondissement : un appartement de 59 m2, niché dans un immeuble de la fin du XIXe siècle au 76, rue Claude Bernard, est mis en vente au prix de départ dérisoire de 25 000 euros. À 423 euros le mètre carré, il affiche un tarif 27 fois inférieur à la moyenne parisienne et très loin des 684 000 euros estimés par Meilleurs Agents, ce qui explique l'intérêt médiatique et spéculatif autour de l'annonce.

Une vente judiciaire programmée et des occupants à expulser

La vente aux enchères, organisée par le Tribunal judiciaire de Paris, doit avoir lieu ce jeudi 26 février 2026, mais cette aubaine apparente cache plusieurs pièges. En effet, le bien a été saisi pour impayés et il est toujours occupé par ses propriétaires ; l'acheteur devra donc gérer, après la vente, la sortie des occupants et les conséquences pratiques de cette expulsion.

Dettes répétées et déclenchement de la procédure

Le dossier montre une situation financière qui traîne depuis plusieurs années : selon le procès‑verbal du commissaire de justice, le couple propriétaire — un homme de 66 ans et une femme de 54 ans — doit plus de 25 600 euros au syndicat des copropriétaires. La justice les a déjà condamnés à trois reprises, aux montants respectifs de 3 700 €, 15 600 € et 6 350 €, sans que ces décisions n'aient permis de solder la dette, et c'est pourquoi l'assemblée générale des copropriétaires, réunie le 22 juin 2022, a décidé de lancer la procédure de saisie.

État du logement : vétusté et DPE défavorable

Le constat dressé par le commissaire de justice avant la mise en vente ne ménage pas le logement : le parquet, décrit comme « en chêne à lames dites à l'anglaise », est « extrêmement sale et encrassé », tandis que murs, corniche et plafond apparaissent « en très mauvais état » et recouverts d'une peinture « extrêmement défraîchie et sale ». De plus, la cuisine, le salon, la chambre, la salle de bains et les toilettes sont qualifiés de « vétustes », ce qui laisse présager des travaux importants.

Pour aggraver le tableau, le diagnostic de performance énergétique classe le bien en « F », signifiant des dépenses énergétiques élevées et des travaux d'isolation potentiellement coûteux.

Ce que l'acheteur reprend : acceptation "dans l'état" et droit d'expulsion

À l'issue de la vente, l'acquéreur recevra un document jouant le rôle de titre d'expulsion, ce qui lui permettra de faire sortir les occupants sans devoir engager une nouvelle procédure judiciaire. Néanmoins, il faudra accepter le bien « dans l'état où il se trouve au jour de la vente », sans possibilité de diminution du prix ni de recours pour dégradations, réparations, vice caché ou vétusté, comme le précise la procédure.

Un pari risqué malgré une adresse recherchée

L'opération peut séduire des investisseurs attirés par l'adresse — à deux pas de l'École normale supérieure, du Panthéon et de la rue de l'Estrapade — et par la perspective d'une rénovation profitable à long terme. Cependant, cette tentation s'accompagne de charges impayées à reprendre, d'une remise en état lourde, d'un chantier d'amélioration énergétique et de la gestion pratique et financière des expulsions, autant d'éléments qui peuvent transformer la bonne affaire en source de coûts importants.

En résumé : l'appartement de 59 m2 est proposé au prix de départ de 25 000 euros (soit 423 euros le mètre carré) et les propriétaires sont redevables de plus de 25 600 euros au syndicat des copropriétaires — une équation qui offre un potentiel spéculatif réel, mais aussi des risques substantiels et des dépenses à prévoir pour qui envisagerait d'enchérir.

Publié le : 26 février 2026
link