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Le président de la commission sur l’audiovisuel public accusé de « trahison » par la gauche

Le président de la commission sur l’audiovisuel public en costume, assis à une table lors d’une audition.

Un vote serré après cinq mois d’enquête

Après cinq mois d’auditions et de débats souvent tendus, la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a décidé de rendre public le rapport de Charles Alloncle. Le vote, tenu le lundi 27 avril, a été serré : la commission compte 31 membres ; le résultat officiel affiche 12 voix pour, 10 contre, le reste s’abstenant.

Le Rassemblement national et la droite appellent à la transparence

Le Rassemblement national a voté massivement pour la publication. Laurent Jacobelli a écrit sur X : « Honte à l’attitude stalinienne de la gauche et des macronistes qui, jusqu’au bout, auront tenté d’empêcher la publication du rapport pour dissimuler la vérité aux Français ».

Deux députés de la Droite républicaine, François‑Xavier Ceccoli et Virginie Duby‑Muller, ont aussi choisi de soutenir la diffusion — « important pour les Français », ont‑ils expliqué — tout en admettant ne « pas cautionner tout ». Plusieurs autres élus de droite ont suivi, y compris la non‑inscrite Véronique Besse et le député Liot Laurent Mazaury, qui appelle les Français à « se saisir pleinement de ce sujet ».

Les réserves du président de la commission

Le président de la commission, le député Horizons Jérémie Patrier‑Leitus, a lui aussi voté pour malgré des critiques fortes à l’égard du rapporteur. Il a regretté que certaines auditions « se soient parfois transformées en tribunal politique ou en procès individuels », mais a expliqué avoir choisi la publication malgré des « différences politiques majeures et des différences de méthode fondamentales ».

Abstentions : la stratégie des macronistes et des centristes

Côté abstention, les députés d’Ensemble pour la République ont choisi le vote blanc, décision confirmée par Gabriel Attal sur CNews : « s’abstenir pour ne pas empêcher la publication du rapport ». Pour plusieurs macronistes, mieux valait que le texte circule plutôt que de le bloquer.

La députée Céline Calvez a dit préférer la publicité du rapport « pour pouvoir mieux l’attaquer », ajoutant qu’il ne fallait pas que Charles Alloncle « se pose en victime ». Erwan Balanant (Les Démocrates) a résumé la posture : « ne pas voter contre, ça voulait dire ne plus avoir de rapport du tout », et « il a déjà suffisamment fait la victime ».

La gauche rejette et la publication reste imminente

La gauche, elle, a voté contre. Les voix de La France insoumise et du groupe socialiste ont refusé la publication, dénonçant un texte truffé d’erreurs et des méthodes qu’ils jugent anti‑démocratiques.

La députée PS Ayda Hadizadeh a fustigé la démarche devant la presse : « Ici ce n’est pas encore Mar‑a‑Lago, ici c’est la République française ». Aurélien Saintoul (LFI) a pour sa part pointé un changement « au dernier instant » du vote du président de la commission.

Le rapport sera publié lundi prochain et contiendra près de 80 propositions. Charles Alloncle a mis en garde contre « de nombreuses fausses informations » circulant depuis quelques jours et rappelle que les propositions ne seront dévoilées qu’à la publication officielle. La commission avait été lancée après la polémique autour des journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen ; ses auditions auront régulièrement dégénéré en affrontements.

Publié le : 29 avril 2026
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