
Le Congrès du Pérou a destitué le président intérimaire José Jerí après seulement quatre mois en fonction. Cette décision a été prise en raison de son manque de transparence concernant des rencontres avec des hommes d'affaires chinois. Le scandale a éclaté le mois dernier, lorsque des vidéos ont montré Jerí en train de rencontrer plusieurs fois Zhihua Yang, un homme d'affaires sous surveillance gouvernementale.
Bien que Jerí ait présenté des excuses pour ces rencontres, il a nié toute faute et a accusé ses rivaux de mener une campagne de diffamation. Sa destitution fait de lui le troisième président consécutif à être écarté, après avoir remplacé l'ancienne dirigeante Dina Boluarte, destituée en octobre dernier.
Jerí est devenu le septième président du Pérou depuis 2016, dans un contexte politique tumultueux marqué par des départs controversés. Le Congrès votera mercredi pour élire son prochain président intérimaire. Les législateurs ont voté 75 contre 24 en faveur de la destitution de Jerí, après une série de controverses surnommées "Chifa-gate".
Les enregistrements de vidéosurveillance montrant Jerí en train de rencontrer Yang, qui possède plusieurs entreprises, ont été rapportés par les médias locaux. Dans l'une des vidéos, Jerí apparaissait vêtu d'un sweat à capuche lors d'une visite nocturne dans l'un des restaurants de Yang.
La loi péruvienne exige que les présidents documentent toutes leurs activités officielles, mais Jerí n'a pas enregistré ces rencontres. Il a également été critiqué pour avoir attribué des contrats d'État à plusieurs femmes après des réunions tardives au palais présidentiel. Ruth Luque, une législatrice qui a soutenu la mesure de censure, a exprimé le besoin d'un leader qui mettrait l'intérêt public et la sécurité en premier.
La pression pour que Jerí démissionne a augmenté à la suite des scandales, alors qu'il faisait face à une enquête pour corruption lancée par le procureur général. Ses cotes de popularité ont chuté, marquant un nouveau chapitre d'instabilité pour le Pérou.
Le Pérou doit tenir des élections générales en avril, après quoi le pouvoir sera transféré à un nouveau président. Le prédécesseur de Jerí, Boluarte, avait été destitué après un mandat marqué par des manifestations, des scandales et une augmentation de la violence des gangs. Moins d'une semaine après l'arrivée au pouvoir de Jerí, des manifestations organisées par de jeunes Péruviens ont fait un mort et plus de 100 blessés.
La destitution de José Jerí souligne les défis politiques persistants au Pérou. Alors que le pays se prépare pour de nouvelles élections, l'appel à un changement et à une meilleure gouvernance résonne plus que jamais parmi les citoyens. Le chemin vers la stabilité reste semé d'embûches, mais l'espoir d'une transition positive demeure.