
Les tensions politiques en Ouganda s'intensifient alors que le président Yoweri Museveni prend une avance significative lors des élections présidentielles. Les résultats préliminaires indiquent une situation explosive, marquée par des violences nocturnes et des allégations de répression.
Selon la commission électorale, Yoweri Museveni a obtenu 75% des voix avec 60% des bureaux de vote comptabilisés. Le leader de l'opposition, Bobi Wine, suit avec 21%. Cette situation crée des inquiétudes sur la légitimité des résultats.
Le domicile de Bobi Wine à Kampala est actuellement encerclé par les forces de sécurité, le plaçant, lui et sa femme, dans une forme d'assignation à résidence selon son parti, le National Unity Platform (NUP).
Au moins sept partisans de l'opposition ont été tués lors de violences à Butambala, à environ 55 km de la capitale. Des affrontements ont eu lieu entre les partisans de l'opposition et la police, selon des témoignages d'un député et d'un activiste des droits humains.
Les forces de l'ordre ont été accusées d'avoir utilisé des gaz lacrymogènes et des balles réelles. Cependant, la police maintient qu'elle a agi en légitime défense après une attaque contre une station de police.
Un blackout internet a été imposé, limitant la circulation des informations sur les violences. La commission électorale a assuré que le comptage des voix n'était pas affecté par cette coupure, utilisant un système privé pour transmettre les résultats.
Les journalistes locaux rapportent également des difficultés d'accès au domicile de Bobi Wine, tandis que la police justifie sa présence massive par des raisons de sécurité.
Cette élection survient après une campagne souvent violente, où Museveni, âgé de 81 ans, cherche un septième mandat. Bobi Wine, un ancien pop star de 43 ans, a dénoncé des fraudes massives, bien qu'il n'ait pas fourni de preuves documentaires.
La période de campagne a été marquée par des accusations d'agression et d'arrestation de partisans de l'opposition, ce qui a soulevé des préoccupations concernant la liberté d'expression et la sécurité.
Les résultats définitifs des élections devraient être annoncés sous peu, mais les tensions persistent. Un éventuel succès de Museveni prolongerait son emprise sur le pouvoir depuis près de quatre décennies. Les jeunes électeurs, représentant une grande partie de la population, pourraient jouer un rôle crucial dans l'avenir politique de l'Ouganda.