
À Downing Street, le gouvernement britannique fait face à une situation délicate concernant le prince Andrew. Ce dernier occupe actuellement la huitième place dans la ligne de succession au trône, malgré la perte de ses honneurs et de son titre princier. Pour le démettre de cette position, une loi spécifique doit être adoptée, un processus complexe que le gouvernement dirigé par Keir Starmer a jusqu'à présent évité de considérer.
En octobre dernier, le gouvernement a clairement indiqué qu'il ne prévoyait pas de modifier la loi de succession. Ils ont justifié cette décision en affirmant que la question n'était pas essentielle, étant donné qu'Andrew est éloigné de la possibilité de devenir roi. Cependant, la situation a évolué, et la réputation du prince a été gravement entachée par des révélations récentes.
Les nouvelles informations concernant Jeffrey Epstein ont exacerbé la situation d'Andrew. Des documents récemment déclassifiés suggèrent qu'il aurait pu partager des informations confidentielles avec Epstein. Cette implication a conduit à son arrestation et à l'ouverture d'une enquête sur sa conduite en tant que fonctionnaire public, ce qui pourrait avoir des conséquences juridiques graves.
Face à cette crise, Downing Street et le Palais de Buckingham doivent prendre des mesures pour protéger la monarchie, qui traverse sa plus grave crise depuis l'abdication d'Édouard VIII. Selon des sources, le roi Charles ne s'opposera pas à une initiative parlementaire visant à garantir qu'Andrew ne puisse pas accéder au trône.
Modifier la loi de succession nécessite non seulement l'approbation du Parlement britannique, mais aussi celle des autres nations où Charles III est chef d'État. Ce processus est d'une complexité extrême, car il implique des discussions avec des pays comme le Canada et l'Australie, qui pourraient relancer le débat sur la forme de l'État.
La loi actuelle, régissant la succession, date de 1701 et a été modifiée en 2013 pour adopter la primogéniture absolue. Cela signifie que les droits de succession ne dépendent plus du sexe de l'enfant. Cependant, toute modification supplémentaire pourrait nécessiter un consensus parmi les 15 nations sous la couronne.
La monarchie britannique fait face à des défis importants, notamment des appels à la république dans certains royaumes. Par exemple, des pays comme la Jamaïque envisagent des réformes constitutionnelles qui pourraient les éloigner de la couronne. Le climat politique est tendu, et certains craignent que ces discussions ne ravivent les tensions sur la monarchie.
Le ministre de la Défense, Luke Pollard, a déclaré que la mesure visant à empêcher Andrew de devenir roi est "la bonne chose à faire". Cependant, il a précisé que toute action législative ne commencerait qu'après la conclusion de l'enquête en cours, ce qui pourrait prendre des mois, voire des années.
Si Andrew perd ses droits successoraux, il perdra également son rôle de conseiller d'État. En novembre 2022, le Parlement a commencé à modifier la loi de régence pour clarifier qui peut remplacer le roi en cas d'absence ou d'incapacité. Cette loi prévoyait initialement que cinq membres de la famille royale pouvaient être appelés à exercer cette fonction.
Cependant, il est devenu évident qu'Andrew et Harry ne devraient pas jouer ce rôle en raison de leurs situations respectives. La loi a donc été ajustée pour inclure d'autres membres de la famille royale, garantissant ainsi une continuité dans le rôle de régent.
La situation du prince Andrew soulève des questions cruciales sur la monarchie britannique et son avenir. Les révélations récentes et les défis politiques rendent la question de sa présence dans la ligne de succession plus pressante que jamais. Le gouvernement devra naviguer avec prudence pour préserver l'intégrité de la couronne.