
La chute d’un danseur reconnu dans le milieu a choqué le monde de la danse. Mouflih Saoudi a été condamné à 10 ans de prison par la cour criminelle de Paris. Ce verdict a été rendu lundi soir après un procès qui a débuté jeudi, où il était jugé pour des viols commis entre 2017 et 2020.
Les accusations portées contre lui incluent des viols sur trois jeunes femmes, dont une mineure. Les victimes, des anciennes élèves de cet homme de 43 ans, ont témoigné des abus qu'elles ont subis. Saoudi a été reconnu coupable de la quasi-totalité des faits, bien qu'il ait obtenu un acquittement pour l'une des accusations de corruption de mineure.
Derrière cette affaire se cache un mode opératoire bien rodé. En tant que professeur, Saoudi a utilisé son aura et sa carrière pour séduire des élèves très jeunes. Il a dansé pour des artistes comme Rihanna et Mariah Carey, ce qui lui a permis d'exercer une influence considérable sur ses victimes.
Les témoignages des victimes, âgées de 14 à 19 ans, révèlent un phénomène d’emprise. Elles ont décrit comment Saoudi les forçait à des rapports sexuels non consentis. Les avocats des parties civiles, Me Claire Dompeyre et Me Sahand Saber, ont souligné la vulnérabilité des danseuses, en particulier les plus jeunes, face à un système qui favorise de tels abus.
À l’issue de l’audience, Saoudi a été incarcéré. Ses avocats ont exprimé leur mécontentement face à la décision de la cour, affirmant que la motivation du verdict ne reflète pas la complexité des débats. Ils ont annoncé qu'il interjetait appel de cette condamnation.
Me Victor Delatour-Le Morzadec et Me Maxence Gallo ont déclaré que Saoudi conteste formellement les accusations. Ils estiment que la décision est mal fondée et ne prend pas en compte les circonstances particulières de l'affaire.
Cette affaire met en lumière un mal systémique dans le monde de la danse et du spectacle. Les avocats ont évoqué la difficulté pour les jeunes danseuses de se faire une place dans un milieu où la pression est forte. Cela crée une situation de vulnérabilité qui peut être exploitée par des individus comme Saoudi.
Les histoires de victimes comme Léa, qui a partagé des épisodes de violences et de menaces, montrent l'ampleur du problème. C'est grâce à son témoignage que d'autres victimes ont pu être identifiées, soulignant l'importance de briser le silence autour de ces abus.
La condamnation de Mouflih Saoudi est un pas important vers la justice pour les victimes. Cependant, elle soulève des questions sur la protection des jeunes dans le milieu de la danse. Il est crucial de continuer à dénoncer ces abus et de soutenir les victimes pour qu'elles puissent se libérer de l'emprise de leurs agresseurs.