
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné six hommes pour avoir mené une haine en meute à l'encontre du député insoumis Aly Diouara. Les peines varient de l'amende avec sursis à quatre mois d'emprisonnement avec sursis. La justice a reconnu le caractère raciste des attaques, affectant presque tous les prévenus.
Bien que les juges n'aient pas suivi les réquisitions de prison ferme du parquet, ils ont déclaré cinq des six prévenus coupables des faits reprochés. Cela inclut la circonstance aggravante liée à l'origine, l'ethnie ou la race. Stéphane C., connu pour ses appels à la « remigration », a reçu la sanction la plus sévère.
Quatre autres internautes ont été condamnés à un mois d’emprisonnement avec sursis. Parmi eux, Frédéric B. a reconnu avoir tweeté « TG bamboula », tandis qu'Éric L. a écrit un message sur la « vermine ». Mathieu C. et Christophe M. ont également été reconnus coupables.
Le tribunal a validé la dimension raciste de leurs messages. En revanche, pour le sixième prévenu, François L., le tribunal a disqualifié la circonstance aggravante liée au terme « bonobo ». Bien que jugé injurieux, ce terme n’était pas dirigé spécifiquement contre le député.
En plus des peines d'emprisonnement, chaque condamné a reçu une peine d’inéligibilité d’un an avec exécution provisoire. Ils doivent également suivre un stage de citoyenneté ou de sensibilisation au respect dans l’espace numérique. Le non-respect de cette obligation entraînera une amende de 1 000 euros.
Les six hommes sont tenus de verser solidairement 5 000 euros de dommages et intérêts à Aly Diouara pour le préjudice moral. Le cas d'un septième homme, Patrick R., a été renvoyé à une audience ultérieure.
À la sortie de l’audience, Aly Diouara a exprimé son soulagement face à la condamnation pour racisme. Il a évoqué les insultes graves qu'il a subies, notamment celles de « singe » et de « macaque ». Candidat aux municipales à La Courneuve, il a cependant déploré que cette affaire ait ravivé des menaces de mort.
Son avocate, Me Victoire Stephan, a salué cette décision comme une victoire symbolique, affirmant que ces individus sont désormais considérés comme des délinquants, ce qui entache leur réputation. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a également exprimé sa satisfaction sur X, soulignant que cette décision redonne confiance.
Ce jugement marque une étape importante dans la lutte contre le cyberharcèlement et le racisme en ligne. Les peines infligées envoient un message fort sur l'intolérance face à de telles attaques. La société doit continuer à s'engager pour protéger les victimes et promouvoir le respect dans l'espace numérique.