
Vivement critiqué ces derniers mois, Gianni Infantino, le patron de la Fifa, a décidé de sortir de sa réserve. Lors d'une interview accordée à la chaîne britannique Sky News, il a abordé des sujets sensibles qui ont fâché les fans de football à travers le monde. Les récentes tensions entourant la Coupe du monde et les actions controversées des forces de l'ordre américaines ont suscité de vives réactions.
Ces dernières semaines, l'idée d'un boycott de la compétition a pris de l'ampleur. Les images des interventions agressives des différentes polices américaines de l'immigration ont choqué l'opinion publique. Deux manifestants, innocents selon les vidéos amateurs, ont perdu la vie sous les balles. Ces événements ont mis en lumière la nécessité d'une réflexion sur la participation des équipes nationales.
Face à cette situation, de nombreuses personnes ont annoncé leur intention de ne pas se rendre aux États-Unis. Sepp Blatter, prédécesseur d'Infantino, a relayé l'appel d'un avocat anti-corruption suisse, exhortant à « éviter les États-Unis ». La volonté de Donald Trump de s'emparer du Groenland a également accentué les tensions entre les continents. Bien que pour l'instant aucune équipe nationale n'ait renoncé à voyager, la simple évocation de cette éventualité a alarmé la Fifa.
Dans ce contexte, Gianni Infantino a pris position. « Je suis contre les interdictions comme contre les boycotts. Ils n'apportent rien et contribuent à plus de haine », a-t-il déclaré. Il a souligné que si personne ne demandait au Royaume-Uni de cesser ses échanges avec les États-Unis, pourquoi le football devrait-il être traité différemment ?
En parallèle, un mouvement de boycott de produits américains a émergé dans le débat public. L'Europe tente de promouvoir une préférence européenne dans les achats publics, notamment dans les secteurs stratégiques. Infantino a ajouté que dans un monde divisé, il est essentiel d'avoir des occasions où les gens peuvent se rassembler autour de leur passion pour le football.
C'est là que réside l'enjeu d'un boycott : le football est perçu comme un soft power. Plusieurs pays ont utilisé le sport pour améliorer leur image. Ce contexte explique sans doute pourquoi Infantino a remis le Prix de la paix à Donald Trump lors du tirage au sort de la Coupe du monde. « Objectivement, il le mérite », a-t-il affirmé, soulignant sa proximité avec le président américain.
En somme, Gianni Infantino se retrouve au cœur d'un débat complexe. Les tensions autour de la Coupe du monde, les critiques sur les politiques américaines et la question des boycotts soulèvent des enjeux importants. Le président de la Fifa tente de naviguer dans ces eaux troubles tout en défendant le rôle unificateur du football. La situation reste à suivre de près.