
Narges Mohammadi, la lauréate du Prix Nobel de la paix, a reçu une nouvelle peine de prison de sept ans et demi, selon son avocat. Cette décision a été prononcée par un tribunal iranien, qui a condamné l'activiste des droits de l'homme à six ans pour "rassemblement et collusion" et à un an et demi pour "activités de propagande".
Mohammadi a été arrêtée en décembre pour avoir fait des "remarques provocatrices" lors d'une cérémonie commémorative. Les autorités iraniennes ont indiqué qu'elle avait été hospitalisée après avoir été battue lors de son arrestation. Âgée de 53 ans, elle a été récompensée en 2023 pour son engagement contre l'oppression des femmes en Iran.
Selon son avocat, Mohammadi a également reçu une interdiction de quitter le pays pendant deux ans et a été exilée dans la région de Khusf. La Fondation Narges, qui la soutient, a qualifié l'audience de "farce" et a signalé qu'elle avait entamé une grève de la faim le 2 février.
Son avocat a précisé qu'elle avait été hospitalisée récemment en raison de son état de santé dégradé avant d'être renvoyée au centre de détention. Lors de son passage en cour, Mohammadi n'a pas pris la parole, convaincue que cette justice n'avait aucune légitimité.
Taghi Rahmani, le mari de Mohammadi, a déclaré qu'elle avait refusé de se défendre en raison de sa croyance inébranlable dans l'illégitimité du procès. Il a ajouté qu'elle avait choisi de ne pas participer à ce qu'elle considérait comme une charade et avait laissé les autorités signer leur propre verdict.
Sa fille, Kiana Rahmani, a exprimé sa préoccupation pour la santé de sa mère, qui a déjà passé plus de dix ans en prison. La Fondation Narges indique que cette nouvelle peine porte à 44 ans le total des années d'emprisonnement imposées à Mohammadi.
Mohammadi purge actuellement une peine de 13 ans pour "activité de propagande contre l'État" et "collusion contre la sécurité de l'État", des accusations qu'elle nie. Son dernier arrestation a eu lieu alors qu'elle assistait à un hommage pour Khosrow Alikordi, un avocat retrouvé mort dans son bureau.
Le groupe basé en Norvège, Iran Human Rights, a demandé une enquête indépendante sur les circonstances de la mort d'Alikordi, les qualifiant de suspicieuses. Des témoins ont rapporté avoir vu Mohammadi attaquée par des agents en civil lors de l'événement commémoratif.
La situation de Narges Mohammadi soulève des inquiétudes croissantes tant au niveau national qu'international. Son combat pour les droits des femmes en Iran et son engagement contre l'oppression continuent d'attirer l'attention. Les appels à la justice et à la liberté restent essentiels pour soutenir son combat.