
Dans un procès marquant, Brahim Chnina exprime ses remords. Le père d'une collégienne, jugé pour avoir initié une campagne de haine contre Samuel Paty, a partagé mercredi son honte et ses regrets. Il a cependant admis avoir été submergé par le tsunami numérique qu'il avait déclenché.
Âgé de 54 ans, Brahim Chnina est rejugé devant la Cour d'assises spéciale de Paris. Il est accusé, avec Abdelhakim Sefrioui, d'avoir orchestré la cabale contre le professeur d'histoire-géographie. Cette campagne a eu lieu avant l'assassinat de Samuel Paty le 16 octobre 2020.
Un islamiste radical, Abdoullakh Anzorov, a décapité Samuel Paty après avoir visionné une vidéo de Brahim Chnina. Ce dernier l'avait attaqué pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression. Anzorov a pris contact avec Chnina avant de commettre son acte.
Brahim Chnina et Sefrioui ont été condamnés pour association de malfaiteurs terroriste. Ils ont délivré une fatwa numérique contre Samuel Paty dans un contexte de tensions croissantes. Al-Qaïda avait menacé la France après la republication des caricatures par Charlie Hebdo.
Le mensonge de la fille de Chnina a enflammé la situation. Elle avait prétendu que Samuel Paty avait demandé aux élèves musulmans de sortir de classe. En réalité, elle n'était pas présente lors de ce cours. Chnina a agi sans vérifier les faits, ce qui a conduit à une escalade de la haine.
Brahim Chnina a reconnu avoir été un vecteur de la vindicte. Malgré la découverte du mensonge de sa fille, il a continué à partager des informations sur Samuel Paty. "Je regrette tout", a-t-il déclaré, se sentant responsable de la tragédie. Il a insisté sur le fait que ce n'était pas sa fille qui était à blâmer.
Il a également souligné l'influence d'Abdelhakim Sefrioui, qui l'a contacté en se présentant comme un représentant du conseil des imams de France. Chnina s'est senti soutenu par Sefrioui, ce qui a renforcé son engagement dans la campagne.
Chnina et Sefrioui se sont rendus devant le collège pour tourner une vidéo et rencontrer la proviseure. Ils ont convenu de poursuivre leur campagne et de déposer plainte pour discrimination contre Samuel Paty. Chnina a déclaré que son rôle était de rassembler des témoignages pour soutenir la plainte.
Il a affirmé que sans Sefrioui, la vidéo n'aurait pas été réalisée. Chnina a reconnu que son action n'était pas motivée par les caricatures, mais par l'injustice qu'il pensait que sa fille avait subie. Sefrioui, en utilisant des messages cryptés, a suscité des interrogations sur ses intentions.
Le procès de Brahim Chnina met en lumière les dangers de la désinformation et de la manipulation. Le verdict est attendu le 27 février. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la responsabilité individuelle dans un contexte de haine numérique et d'intolérance.