
Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 26 février concernant le procès pour apologie du terrorisme de l’Iranienne Mahdieh Esfandiari. Ce procès pourrait être un élément de négociation avec Téhéran pour l'échange des Français Cécile Kohler et Jacques Paris. Le parquet a requis un an de prison ferme contre elle.
Après quatre jours d’audiences, le tribunal a mis sa décision en délibéré. Les autorités iraniennes souhaitent échanger leur ressortissante une fois la procédure judiciaire close. Kohler et Paris, incarcérés en Iran depuis mai 2022, ont été condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison pour espionnage.
Lors d'une interview sur BFMTV, l'ambassadeur d'Iran en France, Mohammad Amin Nejad, a déclaré : « C’est un arrangement, une négociation entre nos deux États ». Il a exprimé son souhait de voir les Français rentrer le plus rapidement possible après des arrangements entre les États.
Mahdieh Esfandiari a exprimé sa douleur face à la situation, déclarant : « Le fait que les gens décident sur mon sort, sans me demander mon avis, ça me fait mal ». Elle a également ressenti que l'accusation d'ingérence était une insulte à son égard.
Mahdieh Esfandiari est jugée pour apologie du terrorisme, provocation à un acte de terrorisme, et d'autres délits. Ces accusations sont passibles de sept ans d’emprisonnement et d’une amende de 100 000 euros. Quatre autres hommes sont également jugés dans cette affaire.
Le parquet a requis une peine de quatre ans de prison, dont trois avec sursis, ainsi qu'une interdiction définitive du territoire français. La procureure a estimé qu'il n'était pas nécessaire de la réincarcérer, ayant déjà purgé huit mois de détention provisoire.
La justice française accuse Esfandiari d'avoir alimenté en publications les comptes de l’organisation Axe de la Résistance sur plusieurs plateformes en 2023 et 2024. Ces publications ont notamment fait l'apologie de l'attaque du Hamas en Israël, incitant à des actes de terrorisme.
Le ministère de l’Intérieur a signalé ces activités à la justice. En plus de Mahdieh Esfandiari, le ministère public a requis jusqu’à trois ans de prison ferme contre les autres prévenus, la peine la plus lourde étant demandée pour Alain Soral, qui était absent.
Le procès de Mahdieh Esfandiari soulève des questions complexes sur la liberté d'expression et la lutte contre le terrorisme. Les décisions du tribunal auront des implications non seulement pour Esfandiari, mais aussi pour les relations entre la France et l'Iran. La situation reste à suivre de près.