
Depuis le début de l'affaire, la défense de Tariq Ramadan adopte une posture très offensive. Le 3 janvier, ses avocats ont déposé une requête en récusation contre la juge Corinne Goetzmann, présidente des débats qui se tiendront du 2 au 27 mars prochain. Cette démarche, bien que peu probable d'aboutir, reflète l'état d'esprit des soutiens du prédicateur.
Les avocats de Tariq Ramadan reprochent à la juge de ne pas avoir répondu à leurs demandes et de maintenir l'audience durant le ramadan. Malgré les faibles chances de succès de cette requête, elle souligne les efforts de la défense pour contester les accusations. Le théologien suisse fait face à de graves accusations de viols sur trois femmes entre 2009 et 2016.
La notion d'emprise, qui sera centrale lors des débats, a été longuement discutée. La décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel a permis cette comparution, mais la défense continue de chercher des moyens de contester les éléments présentés.
Une des plaignantes, nommée Christelle (prénom modifié), a rapporté une relation sexuelle non consentie survenue à Lyon en 2009. Tariq Ramadan conteste ces accusations, affirmant que Christelle a assisté à sa conférence après l'incident allégué. Ce débat a été alimenté par des éléments visuels présentés par la défense.
En mars, les avocats ont soumis un rapport d'expertise photographique pour soutenir leur demande de supplément d'information. Ils affirment que Christelle aurait prémédité ses accusations, en se basant sur une analyse stylométrique de son blog.
Le 4 novembre, l'avocate de Tariq Ramadan, Me May-Sarah Vogelhut, a demandé un report des débats en raison de son engagement dans un autre procès et du fait que les audiences coïncideront avec le mois du ramadan. Elle a souligné que cela pourrait affecter l'état physique de son client.
Dans leur requête en récusation, les avocats insistent sur le fait qu'un jugement dans ces conditions violerait le droit à un procès équitable. Ils estiment qu'un renvoi est nécessaire pour protéger les droits de la défense.
Me Laure Heinich, représentant deux plaignantes, dont Christelle, rejette les arguments de la défense. Selon elle, les demandes de suppléments d'information n'apportent rien de nouveau. Elle rappelle que ces questions ont déjà été tranchées lors de l'instruction et seront à nouveau abordées lors du procès.
Concernant les dates d'audience, la présidente a indiqué qu'elle ne pouvait pas les modifier. Elle a précisé que toute demande de renvoi serait examinée au début du procès, affirmant que la période du ramadan ne justifie pas un report.
La requête en récusation de la défense de Tariq Ramadan, bien qu'elle semble vouée à l'échec, montre la détermination des avocats à contester chaque aspect de l'affaire. La tension autour des dates d'audience et des accusations continue de croître, annonçant un procès qui s'annonce complexe et médiatisé.