
Avec plus de 122 000 abonnés sur Instagram, Arnault, 26 ans, s'est fait un nom dans le domaine du vitrail contemporain. Son parcours illustre une tendance croissante vers les métiers manuels, souvent perçus comme des choix de vie passionnants. Ce phénomène témoigne d'un retour en grâce des métiers anciens, particulièrement chez les jeunes artisans.
Originaire de Moulins, Arnault a découvert la magie du verre durant ses études en arts appliqués. Pour lui, le vitrail est bien plus qu'un métier, c'est une véritable passion. Il explique : « C’est un métier extrêmement complet », évoquant la diversité des tâches, du dessin à la fabrication.
Sa satisfaction réside dans le fait de voir ses créations prendre vie. « On ne s’ennuie jamais », ajoute-t-il, soulignant l'aspect dynamique de son travail. Son histoire est emblématique de l'engouement croissant pour les métiers d'art.
Anaëlle, 23 ans, a choisi la gravure sur métal. Elle explique qu'elle pratiquait le dessin depuis son enfance, mais ne souhaitait pas en faire un métier pour ne pas perdre sa passion. Après avoir obtenu son bac, elle s'est orientée vers l'École nationale supérieure des arts appliqués.
Pour elle, la gravure représente une façon unique de transcrire le dessin dans la matière. « J’aime l’idée de faire naître un objet à partir d’un geste », déclare-t-elle, illustrant ainsi la profondeur de son engagement envers cet art.
Le sociologue Marc Loriol note que ce phénomène de retour aux métiers anciens concerne une petite partie des jeunes, mais il est significatif. Par exemple, la tonnellerie a vu le nombre d'apprentis passer de zéro à plus de 30 en deux ans. De même, la cordonnerie a connu une hausse similaire en seulement quatre ans.
Ces chiffres montrent que, malgré l'essor de l'intelligence artificielle, de nombreux jeunes choisissent de se tourner vers des métiers manuels. Cela peut être motivé par un déclic sensoriel ou émotionnel, comme l'explique Alban Donzaud, passionné par le travail du fer depuis son enfance.
Bien que ces métiers soient gratifiants, ils présentent aussi des défis. La précarisation des emplois et les salaires modestes sont des réalités à prendre en compte. Laurie, artisan relieur, a dû jongler avec plusieurs petits boulots avant de voir son activité décoller grâce à une exposition dans un grand magasin.
Elle souligne que vivre de sa passion demande beaucoup de patience et de sacrifices. Malgré les incertitudes, la motivation des jeunes artisans reste intacte, car leur passion prime souvent sur la sécurité économique.
Le retour aux métiers d'artisanat témoigne d'une quête de sens chez les jeunes. Entre passion et défis, ces artisans redéfinissent leur place dans un monde où les savoir-faire traditionnels sont de plus en plus valorisés. L'avenir des métiers manuels semble prometteur, car la créativité et l'authenticité continuent d'attirer de nouvelles générations.