
La contestation autour de l'antenne à Saintigny soulève de nombreuses inquiétudes. Marjorie Gache, gérante des Écuries Mavrick, souligne que les chevaux sont particulièrement sensibles aux ondes. Elle insiste sur l'impact potentiel sur ses animaux, ajoutant que même des études scientifiques ne peuvent pas garantir l'absence de risques.
Tout a commencé en 2021 lorsque le maire de Saintigny a refusé le permis de construire pour une antenne-relais de 212 m. Malgré ce refus, le dossier est resté bloqué pendant plusieurs années. En 2025, le tribunal administratif a rejeté les arguments environnementaux de la commune, considérant le projet comme d'utilité publique.
Marjorie Gache précise que le maire a dû réexaminer le permis, malgré l'existence d'une antenne à Montlandon, à seulement 1,5 km. L'opposition à ce projet dépasse le cadre local, avec le soutien des maires de la communauté de communes Terres de Perche.
Les habitants, comme Ariel Camacho, affirment qu'il n'y a pas de problème de réception TNT dans la région. L'antenne actuelle, exploitée par TDF depuis 1968, a encore des capacités suffisantes. Les opposants estiment que ce projet répond davantage à une logique de concurrence entre opérateurs qu'à un besoin réel de couverture.
Ariel Camacho décrit le projet comme une "verrue dans un paysage préservé", soulignant que l'antenne serait visible à des kilomètres. Les préoccupations patrimoniales sont également présentes, avec des questions sur la valeur des propriétés à proximité d'une telle structure.
Face à cette situation, le collectif Non à une 2e antenne s'est formé, réunissant riverains, élus et professionnels. Une pétition a recueilli plus de 1 600 signatures en une semaine, et des recours contentieux sont envisagés. L'objectif est de retarder le chantier et d'empêcher l'arrivée des engins de construction.
Cependant, les opposants sont conscients que la bataille juridique est difficile. Ariel Camacho compare la situation à un "pot de terre contre le pot de fer", soulignant que Towercast dispose des ressources nécessaires pour poursuivre le projet.
Le terrain concerné appartient à une famille de l'Orne, actuellement exploité en verger de pommiers biologiques. Le bail envisagé avec Towercast pourrait rapporter près de 10 000 euros par an, une somme significative pour des propriétaires extérieurs. Depuis 2020, plusieurs propriétaires fonciers ont été sollicités, mais tous ont refusé jusqu'à présent.
Des élus locaux tentent de convaincre les propriétaires de renoncer au projet. Ariel Camacho souligne que si ces derniers décident de ne pas louer leur terrain, le projet pourrait être annulé, peu importe le permis obtenu.
La situation à Saintigny illustre les tensions entre développement d'infrastructures et protection des communautés locales. Les riverains, soutenus par des élus, continuent de lutter contre l'implantation de cette antenne, soucieux des conséquences sur leur environnement et leur qualité de vie. L'issue de cette contestation reste incertaine, mais la mobilisation des habitants démontre leur détermination.