Le rapport d'un comité indépendant, qui propose 50 recommandations au Québec, suscite de vives réactions. Des leaders communautaires, comme Farida Mohamed, dénoncent des violations des droits et de la liberté économique des femmes musulmanes. Ce rapport, qui suggère d'étendre l'interdiction des symboles religieux aux garderies subventionnées, a été critiqué pour son approche jugée discriminatoire.
Stephen Brown, président du Conseil national des musulmans canadiens, remet en question la légitimité du rapport. Selon lui, les recommandations visent à retirer les droits des personnes religieuses, en imposant une uniformité qui va à l'encontre de la neutralité souhaitée. Il estime que le rapport, long de près de 300 pages, ne respecte pas le principe de laïcité en favorisant une vision unique.
Le comité, co-présidé par Guillaume Rousseau et Christiane Pelchat, a défendu la loi sur la laïcité, le projet de loi 21, en cour. Le rapport fait suite à une révision de cinq mois, initiée par le ministre de la Laïcité, Jean-François Roberge, en réponse à des préoccupations concernant des comportements toxiques dans une école élémentaire de Montréal.
La section montréalaise du Conseil canadien des femmes musulmanes critique fortement ce rapport. Farida Mohamed souligne que les recommandations ciblent directement les femmes musulmanes, en particulier celles qui portent le voile. Elle affirme que la communauté musulmane est discriminée et que les droits des femmes sont violés, compromettant leur liberté économique.
Anne Dionne, vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec, exprime des inquiétudes concernant l'impact des recommandations sur le système de garderies, déjà confronté à une pénurie de personnel. Elle insiste sur la nécessité de prioriser l'apprentissage et le bien-être des enfants, en respectant les programmes d'éducation laïque en place.
Selon Pearl Eliadis, avocate en droits humains, les recommandations pourraient entraîner des changements fondamentaux dans le cadre légal et constitutionnel du Québec. Elle souligne que le gouvernement propose une modification unilatérale de la constitution canadienne de 1867, visant à exclure toute religion des espaces publics.
Eliadis indique que l'expansion de l'interdiction des symboles religieux aux garderies subventionnées pourrait être problématique sur le plan légal. Elle considère que ces mesures pourraient constituer des violations claires de la constitution canadienne et de la Charte québécoise.
Les recommandations du comité soulèvent des questions essentielles sur la laïcité et les droits des minorités religieuses. Alors que certaines suggestions pourraient renforcer la protection des services médicaux, d'autres semblent menacer la diversité religieuse. Le débat sur la laïcité au Québec est loin d'être terminé, et les implications juridiques de ces recommandations seront surveillées de près.