Une fissure publique au sein de la CAQ
Une fissure s’est ouverte au sein de la CAQ sur une question que le parti traitait jusqu’ici par l’affirmative : ne pas en parler. Deux ministres viennent de dire tout haut ce que le caucus murmurait peut‑être en privé — et leurs déclarations ne vont pas dans le même sens.
Jean Boulet: déclaration de Non en cas de référendum
Le ministre Jean Boulet a déclaré qu’il voterait Non si un référendum sur la souveraineté avait lieu. La prise de position de M. Boulet, ministre des Relations canadiennes et fédéraliste affiché, est survenue mardi lors de l’étude des crédits budgétaires en commission parlementaire. Pressé par le député libéral Marc Tanguay, il a répondu qu’il serait « dans le camp des Québécois qui ne veulent pas de référendum » et a confirmé, lorsqu’on l’a relancé, qu’il serait du côté du Non. Il a toutefois reconnu que « certains » de ses collègues pourraient se retrouver dans le camp du Oui, tout en affirmant que la CAQ reste une « coalition » où l’on privilégie la collaboration plutôt que la « chicane ».
Mathieu Lacombe affirme son Oui
Le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a confirmé qu’il serait dans le camp du Oui. Quelques heures plus tard, à la sortie du Salon rouge, M. Lacombe a précisé sa position : il juge que « actuellement, la majorité des gens ne veulent pas de référendum », donc la cadence du parti le place parmi ceux qui s’opposent à tenir une consultation.
Mais si, malgré tout, un référendum devait se tenir, il a dit clairement qu’il voterait Oui — et qu’il n’est pas seul dans ce cas dans le caucus. Ses propos confirment qu’il existe au sein de la CAQ des sensibilités nationalistes assumées.
Une cheffe silencieuse et une stratégie mise à l’épreuve
La première ministre Christine Fréchette, ancienne péquiste devenue cheffe de la CAQ, a jusqu’ici esquivé la question et n’a jamais dit de quel côté elle se rangerait. Le parti avait jusque‑là choisi la discrétion, estimant que le débat référendaire n’intéressait pas la majorité des Québécois. Les déclarations publiques de deux ministres différents montrent que cette stratégie de silence est désormais fragile.
Une diversité d’opinions qui complique l’unanimité
Concrètement, la CAQ affiche une diversité d’opinions sur la souveraineté : des fédéralistes comme Jean Boulet, des souverainistes assumés comme Mathieu Lacombe, et une cheffe qui reste muette. Cette configuration laisse entendre que, le jour venu, la position officielle du caucus sur un éventuel référendum ne sera ni automatique ni unanime.
