Un tournant historique des renouvelables
Pour la première fois depuis un siècle, les renouvelables ont dépassé le charbon dans la production électrique mondiale. En 2025, 34 % de l’électricité provenait d’énergies renouvelables, contre 33 % pour le charbon, selon la septième édition de la Revue mondiale de l’électricité publiée par le think tank Ember, basé à Londres. Les chiffres montrent aussi que la production électrique issue de l’ensemble des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) a légèrement reculé, de 0,2 %.
Solaire et éolien propulsent la bascule
L’essentiel de cette bascule tient à une poussée spectaculaire du solaire et de l’éolien. Ces filières ont non seulement compensé la baisse du charbon, elles ont en fait couvert la totalité de l’augmentation de la demande électrique en 2025. « Ce qui est particulier avec l’année 2025, c’est qu’elle a connu une croissance de la demande assez soutenue », explique Nicolas Fulghum, coauteur du rapport. « Par le passé, nous avons constaté des baisses de la production électrique fossile lors d’années de crises. Mais la croissance de l’énergie propre est telle qu’elle peut désormais répondre à tous les besoins supplémentaires. »
Chiffres clés et étendue géographique
En 2025, 34 % de l’électricité mondiale provenait des renouvelables, contre 33 % pour le charbon. L’étude couvre 91 pays représentant 93 % de la demande mondiale d’électricité.
Guerre, dépendance et défis techniques
Cette transition n’est pas neutre politiquement ni économiquement. Le rapport paraît alors que le secteur traverse une crise marquée par la guerre au Moyen-Orient, qui rappelle brutalement les risques — prix, approvisionnement, souveraineté — liés à la dépendance au pétrole et au gaz. Autrement dit, le basculement vers le solaire et l’éolien réduit la vulnérabilité aux chocs géopolitiques, mais il n’efface pas les défis résiduels : réseaux à moderniser, stockage à déployer, acceptation locale des projets.
Trois pièges à surveiller
Enfin, attention aux trois pièges encore présents. D’abord, remplacer la part du charbon par des renouvelables ne suffit pas si la demande continue d’augmenter sans contrôle de la consommation. Ensuite, la variabilité du solaire et de l’éolien impose d’accélérer les solutions de stockage et les interconnexions. Enfin, la transition reste inégale : certains pays s’appuient massivement sur les renouvelables, d’autres continuent de miser sur les fossiles.
La donnée est nette : la dynamique est enclenchée, mais le chemin reste technique et politique. Les nouveaux records de solaire et d’éolien offrent une feuille de route — plus rapide, moins coûteuse et moins risquée sur le plan géopolitique — si les gouvernements et les marchés financent sans délai réseaux, batteries et flexibilité.
