
Les derniers jours à Moncloa ont été marqués par un frenésie politique, culminant avec une polémique. Un samedi d'étonnement, en raison de l'action militaire des États-Unis au Venezuela, a été suivi d'un dimanche où Pedro Sánchez a signé trois documents sur la crise vénézuélienne. Ce lundi, il a pris un tournant inattendu en choisissant de ne pas accompagner Felipe VI.
La Pascua Militar est un événement majeur pour le Roi, où la présence politique est généralement interdite pour respecter le rôle du Monarque. Traditionnellement, les présidents du Gouvernement y assistent, mais Sánchez a décidé de ne pas être présent au Palais Royal. Il participera plutôt à la réunion de la Coalition de Volontaires, un groupe de pays européens soutenant l'Ukraine.
Cette réunion, convoquée par le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, sera la première à rassembler tous les alliés de Kiev en présentiel. D'autres figures importantes, comme le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, et le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, seront également présents.
Le gouvernement espagnol a tenté de faire adopter une position plus dure de l'Union européenne concernant la détention de Nicolás Maduro par les États-Unis. Bien que Sánchez ait exprimé sa condamnation de l'action de Donald Trump, il a reconnu que l'Espagne n'a pas pu imposer totalement son point de vue au sein de l'UE.
Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a toutefois exprimé sa satisfaction concernant le communiqué final, qui a été largement consensuel, sauf pour la Hongrie. Ce texte souligne l'importance de respecter le droit international et appelle à une transition pacifique vers la démocratie au Venezuela.
Dans un autre communiqué, l'Espagne a collaboré avec plusieurs pays d'Amérique latine pour exprimer son refus des actions militaires unilatérales. Ce document met en garde contre les tentatives de contrôle externe des ressources naturelles et évoque un précédent dangereux pour la paix régionale.
Les pays signataires insistent sur le fait que Maduro n'a pas la légitimité d'un président élu démocratiquement. Ils partagent également la priorité de lutter contre la criminalité organisée et le narcotrafic, qui menacent la sécurité mondiale.
Le principal parti d'opposition, le PP, a salué la position de l'UE, affirmant qu'elle rejoint leur point de vue depuis le début. Alberto Núñez Feijóo a souligné que la transition au Venezuela devrait inclure des figures comme María Corina Machado et Edmundo González, qui sont perçues comme des leaders légitimes.
Albares a également évoqué la nécessité d'un dialogue inclusif entre les Vénézuéliens, affirmant que l'Espagne a un rôle à jouer pour rapprocher les positions. Toutefois, le gouvernement espagnol n'a pas félicité Machado pour son prix Nobel de la paix, ce qui soulève des questions sur son soutien.
La situation au Venezuela continue de susciter des débats intenses en Espagne, où les positions politiques se divisent. La décision de Pedro Sánchez de ne pas assister à la Pascua Militar reflète des priorités stratégiques en matière de politique étrangère. Les tensions entre l'Espagne et les États-Unis, ainsi que le soutien à des figures de l'opposition vénézuélienne, resteront des enjeux cruciaux dans les mois à venir.