Apple a récemment exprimé son inquiétude face aux règles de style UE proposées par l'autorité britannique de la concurrence. Selon la société, ces mesures sont préjudiciables tant pour les utilisateurs que pour les développeurs. Apple soutient que les lois de l'UE, qui visent à faciliter la concurrence pour les petites entreprises, ont déjà entraîné des retards dans certaines fonctionnalités pour les utilisateurs européens.
La société avertit que le Royaume-Uni pourrait connaître des retards similaires si l'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) poursuit ses plans pour ouvrir des marchés qu'elle considère trop dominés par Apple et Google. En réponse, la CMA a déclaré qu'elle rejetait la caractérisation d'Apple, affirmant que les règles britanniques diffèrent de celles de l'UE et favorisent l'innovation.
Cette intervention d'Apple intervient alors que la réglementation technologique internationale a été vivement critiquée par l'ancien président américain Donald Trump. Bien qu'il n'ait pas précisé les pays concernés, il a dénoncé des règles qu'il juge préjudiciables aux entreprises technologiques américaines.
Trump a exigé que les nations respectent les États-Unis et leurs entreprises technologiques, sous peine de conséquences. Il a averti que tous les pays ayant des taxes numériques ou des réglementations discriminatoires seraient mis en garde face à de potentielles restrictions sur l'accès à la technologie américaine.
La CMA, pour sa part, défend sa position en affirmant que ses interventions bénéficieront aux utilisateurs et aux développeurs d'applications au Royaume-Uni. En juillet, elle a constaté qu'environ 90 à 100 % des appareils mobiles au Royaume-Uni fonctionnaient sur les plateformes mobiles d'Apple ou de Google, créant ainsi un duopole efficace.
En conséquence, la CMA a décidé d'exiger des modifications de la part d'Apple et de Google, notamment en permettant aux développeurs d'applications de diriger les utilisateurs vers des systèmes de paiement en dehors de l'App Store d'Apple. Elle a donné aux entreprises l'occasion de répondre avant de prendre une décision finale en octobre.
Dans sa déclaration, Apple soutient que l'approche de la CMA compromet les protections de la vie privée et de la sécurité, entrave l'innovation et oblige la société à céder sa technologie gratuitement à des concurrents étrangers. Selon Apple, les changements proposés par la CMA répètent les erreurs commises par l'UE dans l'application de sa loi sur la concurrence technologique.
La CMA souhaite que les développeurs d'applications britanniques puissent utiliser et échanger des données avec la technologie mobile d'Apple, ce qui est essentiel pour la création de nouveaux produits et services innovants. Apple affirme que les règles d'interopérabilité de l'UE ont déjà conduit à des demandes d'accès à des données sensibles, ce qui, selon elle, permet à d'autres entreprises de réclamer ses données et sa propriété intellectuelle sans compensation.
En réponse aux critiques d'Apple, la CMA a souligné que les règles de concurrence britanniques fonctionnent de manière fondamentalement différente de celles de l'UE. Elles sont conçues pour aider les entreprises britanniques à innover tout en garantissant que les consommateurs ne manquent pas d'innovations introduites ailleurs.
La CMA a affirmé que promouvoir une plus grande concurrence sur les plateformes mobiles ne devrait pas compromettre la vie privée, la sécurité ou la propriété intellectuelle. Elle a promis de prendre en compte des mesures spécifiques au Royaume-Uni, tout en garantissant que cela ne nuira pas à ces aspects cruciaux.
En somme, le débat autour de la réglementation technologique au Royaume-Uni soulève des enjeux majeurs pour les entreprises comme Apple et Google. Alors que la CMA vise à favoriser la concurrence et l'innovation, Apple met en garde contre les risques que cela pourrait engendrer pour la sécurité et la confidentialité des utilisateurs. L'avenir de cette réglementation sera déterminé dans les mois à venir.