
Rudy Giuliani a été hospitalisé dimanche dans un état critique mais stable, a déclaré son porte‑parole Ted Goodman. Le communiqué n’a donné ni motif ni l’hôpital où il se trouve.
Goodman a qualifié l’ancien maire de « combattant » et a demandé des prières pour celui que beaucoup appellent encore « le maire des États‑Unis ». « Il a affronté chaque épreuve de sa vie avec une force inébranlable », affirme le message, qui appelle à la solidarité autour de l’ancien responsable new‑yorkais.
Giuliani s’est fait connaître comme un procureur acharné contre la mafia, avant d’être élu maire de New York de 1994 à 2001. Sa stature publique a culminé après les attentats du 11 septembre 2001 : son rôle durant la crise lui a valu le surnom de « maire des États‑Unis » et une image nationale de leader résolu.
Pourtant, ces années de prestige ont été suivies d’une déconfiture judiciaire et professionnelle. Après son mandat, Giuliani a été l’avocat personnel de Donald Trump et l’un des plus fervents promoteurs des accusations de fraude qui entourent l’élection présidentielle de 2020. Les tribunaux, eux, ont rejeté à plusieurs reprises ces allégations.
En 2023, un jury fédéral a ordonné qu’il verse 148 millions de dollars à deux employées électorales, après les avoir diffamées en les reliant de manière mensongère à un prétendu fraude électorale. Tentant d’obtenir le paiement, Giuliani a été déclaré en contempt et s’est retrouvé confronté à des procédures sur la propriété de certains biens.
Il a finalement conclu un accord — qui lui a permis de conserver des maisons et des effets personnels, dont des bagues des World Series — en échange d’un règlement non précisé et d’un engagement à cesser ses attaques publiques contre ces anciennes employées. Depuis, il a été radié du barreau à New York et à Washington, ce qui lui interdit officiellement d’exercer le droit dans ces juridictions.
Donald Trump a réagi publiquement à l’hospitalisation sur sa plateforme de réseau social, qualifiant Giuliani de « fabuleux » et de « vrai guerrier », et dénonçant selon lui les « démocrates de gauche » qui l’auraient maltraité. Le ton rappelle l’appui constant de Trump à son ancien avocat, malgré les revers judiciaires et médiatiques.
La santé de Giuliani, sa popularité persistante auprès d’un noyau de partisans et son effondrement judiciaire composent une trajectoire brutale : d’un leader national après le 11‑Septembre à un ex‑avocat déchu poursuivi pour diffusion de fausses accusations. L’hospitalisation de dimanche ouvre un nouveau chapitre, au cœur d’un personnage qui a dominé, puis divisé, la vie publique américaine.