
Islandia, partenaire fondateur de l'OTAN, envisage à nouveau son adhésion à l'Union européenne. Sous la direction de Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir, qui inaugurera l'ambassade islandaise à Madrid, le pays se positionne sur des enjeux de sécurité et d'intégration.
Islandia a suspendu son processus d'adhésion à l'UE en 2015. Aujourd'hui, le gouvernement propose un nouveau référendum avant 2027. Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir explique que la coalition actuelle souhaite interroger à nouveau la nation sur la reprise des négociations.
Elle souligne que son parti, le Parti Libéral Réformiste, est pro-OTAN et pro-UE. Cependant, elle estime qu'il est essentiel d'avoir l'aval des citoyens avant de commencer toute négociation. Si la population approuve, le processus pourra avancer.
Les principaux arguments en faveur de l'entrée d'Islandia dans l'UE incluent la stabilité économique. Avec une monnaie parmi les plus petites d'Europe, le pays souffre d'une inflation élevée. Les jeunes et les entreprises ont besoin d'une monnaie plus stable pour prospérer.
De plus, les changements géopolitiques dus à l'invasion de l'Ukraine par la Russie poussent chaque pays à évaluer comment défendre au mieux ses intérêts. L'OTAN et l'UE apparaissent comme des acteurs majeurs dans ce domaine.
Islandia, sans armée permanente, contribue à l'OTAN depuis sa création en 1949. Sa position stratégique dans l'Atlantique Nord est cruciale, surtout avec l'intérêt croissant pour l'Arctique. Le pays a investi dans la sécurité de l'aéroport de Keflavík pour accueillir des missions alliées.
Gunnarsdóttir affirme qu'Islandia souhaite être un partenaire fiable pour l'OTAN. Elle rappelle que le pays respecte son engagement de 1,5 % du PIB pour la défense et se montre très intégré dans la structure de l'Alliance.
La compétition entre les États-Unis et la Chine en Arctique soulève des questions pour Islandia. Le pays, bien que petit, observe comment les puissances tentent de diviser le monde en zones d'influence. Gunnarsdóttir souhaite plus de respect pour le système multilatéral de la part des États-Unis.
Elle insiste sur l'importance de la coopération entre les membres de l'Arctic-7 pour contrer toute interférence dans la région. La sécurité de l'Arctique doit être une priorité pour l'OTAN.
Avant de négocier, Islandia consultera ses citoyens sur l'adhésion à l'UE. La question de la pêche sera particulièrement délicate. La pêche est essentielle pour l'économie et l'identité du pays, et Gunnarsdóttir appelle à une solution raisonnable qui respecte l'histoire islandaise.
Si un bon accord est trouvé sur la pêche et l'énergie, elle se dit optimiste quant à une adhésion possible d'Islandia à l'UE dans quelques années. Cependant, de nombreux obstacles demeurent encore à surmonter.
Islandia se trouve à un tournant crucial de son histoire. Avec une diplomatie active et une volonté d'intégration, le pays envisage son avenir au sein de l'UE. La sécurité, l'économie et la préservation de l'identité nationale seront au cœur des discussions à venir.