
« On en a ras le bol. On ne veut plus se laisser faire ! » Cette déclaration de Carlos Da Costa, porte-parole du collectif Luso France, illustre l'indignation face à la décision de Ryanair de supprimer la ligne Clermont-Ferrand – Porto. Cette mesure est considérée comme « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Une pétition lancée le 26 janvier attire déjà l'attention de la communauté portugaise, qui compte près de 15 000 personnes autour de Clermont.
La communauté portugaise dans le Puy-de-Dôme, qui s'élève à environ 30 000 individus, est la deuxième plus importante en France, après la région parisienne. Carlos Da Costa souligne que « cette ligne était remplie à 98 % », affirmant qu'elle représentait un lien vital pour les familles, les anciens et les entreprises. Ce sentiment d'urgence est partagé par Isidore Fartaria, consul honoraire du Portugal à Clermont-Ferrand, qui exprime son inquiétude face à cette situation.
Isidore Fartaria, ancien président de la Chambre de commerce, évoque sa position délicate : « Aujourd’hui, avec ma casquette de consul, je dois défendre la communauté portugaise. » Il rappelle que « nous avions deux allers-retours par semaine, avec un taux de remplissage autour de 98 % ». Pour lui, cette décision a des répercussions économiques directes. « Je devrais aller à Lyon pour me rendre au Portugal, et je ne suis pas le seul. C’est un vrai problème économique », ajoute-t-il.
La tension est palpable sur le terrain. « Je reçois des mails, des SMS, des appels. Les gens sont frustrés. » Le consul souligne que la communauté portugaise, bien que silencieuse, commence à se demander s'il faut adopter des mesures plus radicales pour être entendue. Cette situation soulève des questions sur l’avenir de l’aéroport clermontois et de son écosystème.
Isidore Fartaria alerte sur les conséquences de la suppression des lignes vers Porto, Fès et Londres. « Cela représente environ 60 000 passagers par an. Si ces lignes disparaissent, c’est un coup terrible. » Il évoque également la perte potentielle de 70 à 80 emplois, ainsi que l'impact sur les forces de sécurité, les commerces et les loueurs de voitures. « Tout un écosystème est en train de se fragiliser », prévient-il.
Il soulève un point crucial concernant un possible conflit d’intérêts. « Vinci gère Clermont, mais aussi Lyon, à 180 kilomètres. Quel est l’intérêt pour eux de développer Clermont plutôt que de concentrer le trafic à Lyon ? » Cette question reste sans réponse et renforce l'inquiétude des acteurs locaux.
La détermination de Carlos Da Costa est palpable : « Clermont est déjà enclavée, sans TGV, avec des trains indignes. Maintenant on nous enlève l’avion. » Il insiste sur le fait que la mobilité n’est pas un luxe, mais un droit. « On veut une solution, une nouvelle compagnie, et vite. » Cet appel à l'action est le reflet d'une communauté qui refuse de se laisser marginaliser.
La bataille pour la rétablissement de la ligne Clermont-Ferrand – Porto est loin d'être terminée. La mobilisation grandissante témoigne de la volonté des citoyens de défendre leurs droits et de préserver leur connectivité.
En résumé, la suppression de la ligne Clermont-Ferrand – Porto a provoqué une réaction forte et unanime au sein de la communauté portugaise. Les implications économiques et sociales de cette décision sont considérables. La mobilisation continue, avec des revendications claires pour le rétablissement de cette ligne essentielle. L'avenir de l'aéroport clermontois et de ses usagers est désormais en jeu.