
Le 1er juin marque le coup d’envoi officiel de la saison des ouragans dans l’Atlantique. NOAA mise sur une saison probablement moins active que la moyenne : 55 % de chances d’être en dessous de la normale, 35 % d’être dans la normale et 10 % d’être au‑dessus. NOAA prévoit entre huit et quatorze tempêtes nommées (vents ≥ 39 mph, soit 63 km/h), dont trois à six pourraient devenir ouragans (vents ≥ 74 mph, 119 km/h), et parmi eux une à trois pourraient atteindre le statut d’ouragan majeur (Catégorie 3–5, ≥ 111 mph, 179 km/h).
Pourquoi un ralentissement probable ? Tout tient à El Niño. Ces derniers mois, la surface du Pacifique tropical a chauffé d’environ 5 °F (3 °C) entre janvier et mai, et des rafales de vents d’ouest ont poussé ces eaux chaudes vers l’est.
Les modèles saisonniers s’accordent : El Niño devrait atteindre une amplitude forte à très forte d’ici la fin 2026 ou le début 2027. Quand El Niño est présent en été, il augmente le cisaillement des vents dans l’Atlantique — ce changement de vent en altitude détruit souvent la structure des tempêtes naissantes et freine leur intensification.
Pourtant, le tableau n’est pas binaire. El Niño favorise des systèmes plus nombreux dans le Pacifique en réduisant le cisaillement là‑bas, alors que l’Atlantique le voit augmenter. Le cisaillement peut varier d’une région à l’autre de bassin en bassin et d’un mois à l’autre ; il suffit d’un créneau favorable pour qu’une tempête s’organise et devienne dangereuse.
Les saisons passées montrent la variété des conséquences. Les années récentes classées comme fort El Niño selon le nouvel indice Relatif sont 2023, 2015, 1997, 1982 et 1972.
2023 a vu un El Niño se renforcer en cours de saison mais a tout de même été actif, porté par des eaux de surface anormalement chaudes : Idalia (Catégorie 3) a frappé la région du Big Bend en Floride, Ophelia a touché la Caroline du Nord, Tammy et Philippe ont provoqué des dégâts dans les Petites Antilles. En 2015, malgré un El Niño très fort, aucun ouragan n’a touché les États‑Unis, mais Joaquin a dévasté les Bahamas. Les saisons de 1997 et 1982 n’ont compté que neuf systèmes nommés, la plupart restés en mer ; 1972 n’en a eu que sept, mais Hurricane Agnes a causé inondations catastrophiques dans le Nord‑Est américain, six morts et des milliers de sinistrés.
NOAA rappelle que la vigilance reste de mise : les eaux près des côtes de la mer des Caraïbes occidentale, d’Amérique centrale et d’Amérique du Nord sont encore plus chaudes que la moyenne et peuvent rapidement alimenter une tempête. L’Atlantique central est pour l’instant plus frais, mais doit se réchauffer durant l’été, la fenêtre la plus active étant août‑octobre.
« L’impact d’El Niño peut souvent réduire le développement d’ouragans, mais il y a toujours de l’incertitude », souligne Ken Graham, directeur du National Weather Service. « C’est pourquoi il est essentiel de revoir votre plan de préparation aux ouragans dès maintenant. Il suffit d’une tempête pour qu’une saison soit très mauvaise. »