
Une cinquantaine de salariés, élus et citoyens se sont rassemblés lundi devant l’Institut national de la consommation (INC) à Malakoff, près de Paris. Ils protestent contre la liquidation de cet organisme public, qui édite le magazine 60 millions de consommateurs. Lionel Maugain, délégué syndical CFDT, exprime son incompréhension face à cette décision.
Pour lui, l'argument budgétaire avancé par le gouvernement n'est qu'un écran de fumée. La liquidation de l'INC a été confirmée dans le budget 2026, en passe d'être adopté avec le recours à l'article 49.3. Deux motions de censure ont été rejetées, rendant cette décision encore plus amère pour les manifestants.
Le coût de la liquidation est estimé à 8 millions d'euros selon le gouvernement, tandis que le SNME CFDT évoque un montant de 11 millions d'euros. En 2024, l'INC a enregistré un déficit de 719 000 euros pour un chiffre d'affaires de 11,6 millions d'euros. Lionel Maugain dénonce un dogmatisme budgétaire qui met en péril l'avenir de l'organisme.
Avec la liquidation, 60 salariés risquent le licenciement, sauf si un repreneur privé est trouvé. Bertrand Loiseaux, secrétaire du CSE, s'interroge sur la possibilité d'une reprise tout en conservant l'indépendance du journal, qui ne fait aucune publicité. Il conclut que la situation est difficile et préoccupante.
Patricia Chairopoulos, cheffe de la rubrique alimentation et environnement, exprime son dégoût face à cette situation. Spécialiste des pesticides et des polluants, elle souligne l'énorme gâchis que représente la perte de l'INC. Selon elle, cela laissera les consommateurs plus démunis face au marketing industriel.
Elle affirme que le travail réalisé avec des ingénieurs et des études de marché est crucial. La liquidation de l'INC aura un impact direct sur la capacité des consommateurs à se défendre contre des produits de moins bonne qualité.
Aurélien Saintoul, député insoumis, qualifie la liquidation de sabordage contre un lanceur d'alerte. Il considère que l'économie budgétaire est dérisoire et que cette décision profitera à ceux qui cherchent à maximiser leurs profits en réduisant la qualité des produits.
Brigitte Glass, journaliste depuis 17 ans pour 60 millions de consommateurs, est fataliste. Elle estime que ce n'est pas la première attaque, mais peut-être la plus déterminante. Jean-Pierre Béquet, vice-président du conseil d'administration, évoque un ultime recours devant le Conseil constitutionnel pour maintenir l'espoir.
Jean-Pierre Béquet souligne l'importance du rôle de contrepouvoir de l'INC face aux invasions de produits dangereux. Il rappelle l'affaire de Shein, où des poupées sexuelles à l'effigie d'enfants ont été découvertes grâce à un signalement d'une lectrice du magazine.
Il met en garde contre les lobbies industriels qui s'attaquent aux services publics, y compris celui de l'aide aux consommateurs. La défense de l'INC est essentielle pour protéger les droits des consommateurs face à ces menaces.
La liquidation de l'Institut national de la consommation soulève de vives inquiétudes parmi les salariés et les défenseurs des droits des consommateurs. Les conséquences financières et humaines de cette décision pourraient être dramatiques. La mobilisation actuelle témoigne d'un profond attachement à la mission de l'INC, qui reste un pilier essentiel pour la protection des consommateurs.