
Sous les ors de la salle des fêtes de la mairie du XVIe arrondissement, Sarah Knafo affiche le même sourire un peu figé que pendant la campagne. Le lundi 6 avril, la députée européenne a fait ses tout premiers pas en tant que conseillère d’opposition dans cet arrondissement bourgeois de l’Ouest parisien, plantant le drapeau de Reconquête là où il n’avait jamais tenu.
Le 6 avril, Sarah Knafo a fait ses premiers pas comme conseillère d'opposition dans le XVIe arrondissement. Au soir du premier tour, elle a recueilli 22,53 % des voix et emmène trois autres élus Reconquête — soit quatre sièges, une première pour l’extrême droite à Paris.
Avec Rachida Dati, Knafo était l’une des deux candidates à Paris à cumuler la candidature à la mairie centrale et la tête de liste d’un arrondissement. Son score de 22,53 % — obtenu sur la liste "Une ville heureuse" — lui permet de siéger aux côtés de trois colistiers : quatre élus d’un parti d’extrême droite dans le conseil municipal, un fait nouveau dans la vie politique de la capitale.
Consciente de la symbolique, elle a pris soin de poser un cadre pour son rôle : pas question, dit-elle, d’être une force d’obstruction systématique. « Nous ne sommes pas là pour bloquer », a-t-elle déclaré, promettant une opposition exigeante. Traduction : Reconquête entend peser sur les débats municipaux sans se résumer à la seule provocation, tout en capitalisant sur une visibilité inédite à Paris.
Reste la question du poids réel de cette entrée politique. Quatre sièges ne renversent pas une majorité, mais ils offrent une tribune — interventions en conseil, amendements, occasions médiatiques — susceptibles d’influer sur l’agenda local, notamment sur la sécurité et l’immigration, thèmes chers au parti. Pour le XVIe, arrondissement cossu et très consulté, cette présence risque de bousculer quelques équilibres et d’obliger les élus traditionnels à répondre directement à une nouvelle posture.
La scène de lundi ressemble moins à un triomphe qu’à une installation méthodique : sourire maîtrisé, message calibré, sièges conquis. La capitale découvre qu’un parti jusque-là absent du jeu local y a posé une première pierre. Maintenant, il faudra voir si cette percée se transforme en influence durable ou si elle restera un épisode symbolique dans le grand théâtre parisien.