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La science dévoile le secret de ses 117 ans

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Portrait d’une femme centenaire de 117 ans assise, souriante, dans une pièce lumineuse, entourée de photos.

Elle a vécu 117 ans — les chercheurs ont voulu comprendre pourquoi

Elle a vécu 117 ans, et des équipes scientifiques se sont demandé ce qui, exactement, permettait une telle longévité. Leur démarche n’a pas cherché les anecdotes émouvantes mais a plongé au cœur de la biologie, avec l’ambition de séparer le simple fait d’atteindre un âge exceptionnel des mécanismes qui préservent la santé.

Un parcours de vie qui dépasse les espérances

Née le 4 mars 1907 à San Francisco de parents espagnols, Maria Branyas Morera a passé la majeure partie de sa vie en Catalogne après y avoir déménagé à l’âge de huit ans, et elle est décédée le 19 août 2024 à 117 ans et 168 jours. En effet, du 17 janvier 2023 jusqu’à son décès elle a été la personne vivante la plus âgée du monde vérifiée, et elle a dépassé l’espérance de vie locale pour les femmes — autour de 86 ans — de plus de trente ans.

Une plongée multiomique pour sonder l’exception

À 116 ans, des prélèvements de tissus et de sang ont permis une analyse multiomique exhaustive : génome, transcriptome, métabolome, protéome, microbiome et épigénome. Autrement dit, les chercheurs ont lu son ADN, écouté quels gènes s’exprimaient, mesuré les petites molécules du métabolisme, évalué les protéines, examiné sa flore intestinale et scruté les marques chimiques qui régulent l’expression génique.

Des marqueurs biologiques étonnamment « jeunes »

Les résultats ont surpris par leur cohérence, car de nombreux indicateurs associés au vieillissement apparaissaient étonnamment préservés. En effet, ses télomères — ces capuchons aux extrémités des chromosomes qui raccourcissent avec le temps — figuraient parmi les plus longs jamais observés, y compris en comparaison avec des individus dans la trentaine.

Les prélèvements ont été confrontés à ceux de sujets beaucoup plus jeunes, certains âgés de 25 ans, et la comparaison n’a pas plaidé pour un vieillissement « normal » : les profils multiomiques donnaient l’image d’un organisme qui conserve des caractéristiques biologiques nettement plus proches de la jeunesse que de l’extrême vieillissement attendu.

Variants protecteurs et horloges épigénétiques

Les analyses génétiques ont mis au jour des variants rares, absents des groupes de comparaison, et qui semblent protéger contre des maux courants du grand âge — maladies cardiovasculaires, diabète et neurodégénérescences. Ces mutations touchent des voies cruciales, comme la régulation des cellules souches, la dynamique de l’ADN et la fonction mitochondriale, et confèrent apparemment un avantage biologique tangible.

Parallèlement, des horloges épigénétiques fondées sur la méthylation de l’ADN ont estimé son âge biologique bien en dessous de son âge chronologique, ce qui renforce l’idée que la longévité tient autant à la manière dont les gènes sont exprimés qu’à leur séquence elle-même.

Alimentation, microbiote et richesse sociale : l’autre moitié du puzzle

La génétique n’explique pas tout, et son mode de vie a sans doute joué un rôle visible. Habitante d’une région méditerranéenne, elle suivait un régime riche en légumes, fruits, huile d’olive et produits laitiers fermentés, une alimentation traditionnellement associée à des bénéfices cardiovasculaires.

De plus, son microbiote intestinal se révélait exceptionnellement sain — un atout pour l’immunité et le métabolisme — et sa vie sociale était active : entourée de sa famille, elle jardinait, jouait du piano et lisait, autant d’exercices pour l’esprit et le corps qui contribuent à diminuer le risque de déclin cognitif. Ainsi, ces comportements, conjugués à des éléments biologiques rares, dessinent un tableau où la longévité ne rime pas forcément avec fragilité.

Ce que ce cas apporte à la recherche sur le vieillissement

L’étude transmet un message clair : très grand âge et mauvaise santé ne sont pas indissociables. En disséquant la biologie d’une supercentenaire, les chercheurs montrent qu’il est possible de dissocier au niveau moléculaire les processus du vieillissement et ceux de la maladie, ouvrant ainsi la voie à des stratégies visant à reproduire certains de ces effets protecteurs chez d’autres personnes.

Les laboratoires poursuivent les analyses pour affiner la compréhension des mécanismes en jeu ; pour l’instant, la leçon est à la fois simple et encourageante : une combinaison de facteurs — quelques variantes génétiques favorables, des marques épigénétiques « jeunes » et un quotidien sain et socialement riche — a probablement contribué à cette longévité exceptionnelle.

Au-delà du record, Maria Branyas Morera laisse un cas d’étude rare où génétique, épigénétique, microbiome et mode de vie s’entrelacent pour repousser les limites connues de la longévité, et rappelle que la recherche de la longévité doit s’appuyer sur une compréhension profonde des mécanismes biologiques autant que sur les habitudes de vie.

Face à face

Critère Maria Branyas Morera Sujets jeunes (25–35 ans)
Télomères Parmi les plus longs jamais observés, comparables voire supérieurs à ceux d'individus dans la trentaine Télomères plus courts en moyenne que chez Branyas (conforme à l'âge chronologique)
Marqueurs biologiques d'âge (multi‑omique) Nombreux marqueurs indiquant un profil biologiquement « jeune » malgré 116 ans Marqueurs conformes à un âge biologique jeune (attendu pour 25–35 ans)
Variantes génétiques Présence de variantes génétiques rares identifiées chez elle Non précisé dans l'article pour le groupe jeune
Publié le : 25 février 2026
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