
Depuis près de deux décennies, deux ensembles sculpturaux en bronze de l'époque romaine étaient hors du territoire espagnol. Entre 2007 et 2008, ces pièces, datant des siècles I ou II, avaient été exploitées illégalement dans le sud de l'Espagne. Elles ont été vendues aux enchères en 2012 aux États-Unis et exposées, au moins depuis 2015, au Metropolitan Museum de New York (MET).
Récemment, ces sculptures ont fait leur retour en Espagne grâce aux efforts de la Brigada de Patrimonio Histórico de la Policía Nacional. Elles seront exposées au Museo Arqueológico Nacional à Madrid. L'enquête a débuté après qu'un procès en Suisse a attiré l'attention des médias en 2018. Ce procès était lié à la plainte d'un citoyen espagnol revendiquant la propriété de ces pièces.
La plainte a été déposée contre huit personnes, notamment un citoyen suisse et un autre italien. Ces derniers étaient accusés de devoir une somme d'argent pour la vente des sculptures lors de la vente aux enchères de 2012. Un accord verbal stipulait que les sculptures seraient extraites du pays, restaurées et qu'une compensation financière serait versée, ce qui ne s'est jamais produit.
Lors de cette vente aux enchères en 2012, un particulier américain a acquis les deux ensembles et les a cédés au MET de New York. Après avoir constaté que ces pièces avaient été sorties illégalement d'Espagne, la Policía Nacional a entamé des négociations avec le propriétaire. Selon la Loi sur le Patrimoine Historique, ces sculptures appartenaient à l'État espagnol.
Les sculptures sont arrivées en Espagne le 20 décembre dernier. Elles seront exposées au Museo Arqueológico de Madrid "à la plus grande brièveté possible", a affirmé Ángeles Albert, directrice générale de Patrimoine Culturel. Elle était accompagnée de Montserrat de Pedro, directrice de la Brigada de Patrimonio Histórico, et de José Ángel González, commissaire principal de la UDEV Central.
Albert a souligné que cette récupération envoie un message fort à ceux qui seraient complices de trafic illicite. Les experts du musée analyseront maintenant les sculptures pour déterminer leur valeur précise. Selon Albert, ces pièces sont d'une "grande valeur" en raison de leur qualité exceptionnelle et de leur raffinement.
Les deux ensembles sculpturaux, taillés en bronze avec une grande précision, représentent deux enfants tentant d'attraper un oiseau. Leurs yeux pourraient être en pâte vitreuse, un matériau précieux. Ces sculptures pourraient provenir d'une villa encore à découvrir dans le sud de la Péninsule, ce qui témoigne d'un goût exquis.
José Ángel González a noté que cette récupération marque la fin d'une année fructueuse, avec 10 000 pièces de patrimoine récupérées. D'autres pièces, comme une couronne wisigothe ou une peinture de Joaquín Sorolla, ont également été ramenées en Espagne. Montserrat de Pedro a précisé que l’enquête n’est pas encore terminée et que la provenance exacte des sculptures reste à déterminer.
Le retour de ces sculptures en Espagne représente un aboutissement significatif dans la lutte contre le trafic d'art. Cela souligne l'importance de la protection du patrimoine culturel. Les efforts de la Policía Nacional et des experts du musée sont essentiels pour préserver ces trésors historiques pour les générations futures.