
Pour tenter de retrouver une « trajectoire de croissance rentable » face à une concurrence jugée « plus rapide et plus intense », le propriétaire des marques grand public a lancé un vaste plan d’économies. Seb, qui détient notamment Moulinex, Tefal et Rowenta, met ainsi la priorité sur la réduction des coûts pour reprendre de la vitesse sur un marché international très compétitif.
Le groupe envisage jusqu’à 2 100 suppressions de postes dans le monde, dont 500 en France; une ampleur qui traduit la volonté de réaligner les moyens humains avec une nouvelle stratégie. En parallèle, les économies attendues s’élèvent à 200 millions d’euros, dont la pleine effectivité est prévue en 2028.
Lors de la présentation de ses résultats 2025, le groupe a commencé à dévoiler le plan aux organisations syndicales, et ce dès mercredi 25 février. Stanislas de Gramont, directeur général, a expliqué que l’objectif poursuivi était double : renouer avec la croissance tout en s’adaptant à un environnement commercial plus agressif, tout en assurant que la production en France « n’est pas concernée » et qu’« il n’y aura pas de départs contraints ».
Dans le détail, la traduction chiffrée du projet se veut graduelle : jusqu’à 1 400 postes pourraient être supprimés en Europe — dont potentiellement 500 en France, selon un principe de volontariat — et 700 postes ailleurs dans le monde, répartis de façon relativement équitable. En revanche, certains pays comme l’Égypte, la Turquie ou le Brésil devraient être « un peu plus impactés ».
En France, les coupes viseront principalement les fonctions support — finance, ressources humaines — ainsi que la logistique, le marketing et le développement produit, domaines où des gains d’efficacité sont jugés possibles sans toucher à la production. L’intelligence artificielle, a précisé M. de Gramont, « jouera un rôle » dans ces rationalisations. Sept entités juridiques sont potentiellement concernées, parmi lesquelles les sites de Pont‑Évêque (Isère), Mayenne (Mayenne), Rumilly (Haute‑Savoie) et le siège social à Écully (Rhône).
Les mesures proposées ne se limitent pas aux réductions d’effectifs : elles comprennent aussi des économies sur les achats, l’amélioration de l’efficacité industrielle et l’optimisation des frais de structure, afin de rendre l’organisation plus légère et plus réactive. De plus, Seb engage des discussions avec les partenaires sociaux en Europe — notamment en Allemagne — autour de l’avenir de la production dans trois usines et de certains points de vente, ce qui montre que la stratégie mêle arbitrages industriels et ajustements commerciaux.
Le calendrier est serré : la totalité des plans d’action doit être mise en œuvre au plus tard en 2027, et 2028 sera, selon la direction, la première année où le groupe bénéficiera pleinement des 200 millions d’euros d’économies escomptées. Ainsi, la logique est claire : amortir aujourd’hui pour redresser la rentabilité demain.
En définitive, ce plan marque un tournant pour le groupe, qui parie sur une combinaison d’économies, d’efforts d’efficacité et d’outils numériques pour retrouver de la compétitivité sans contraindre les salariés à des départs forcés; la suite dépendra des négociations sociales et de la mise en œuvre opérationnelle des mesures annoncées.