
Des fortes pluies ont récemment causé quelques débordements, mais rien de plus. Dans le département de l’Aube, la gestion des crues de la Seine et de l’Aube se résume à quelques routes coupées dans une demi-douzaine de communes. Malgré les alertes des services météo, la situation reste sous contrôle. « C’est assez classique pour la saison », explique Émeline Amblard-Henry, cheffe du service gestion des ouvrages chez Seine Grands Lacs.
Ce service public territorial de bassin (EPTB) surveille de près la situation. Il gère le lac d’Orient, ainsi que d’autres réservoirs dans le département. Ces ouvrages artificiels sont essentiels pour prévenir les inondations en cas de crue. Ils soutiennent également le débit des cours d’eau en période d’étiage, lorsque les niveaux d’eau sont bas.
Concernant le territoire aubois, Émeline Amblard-Henry rassure : « La situation est complètement sous contrôle pour les lacs réservoirs Seine et Aube. » Actuellement, le lac d’Orient est rempli à seulement 45 %, ce qui est en dessous des objectifs de gestion. « On avait un gros déficit de remplissage », précise-t-elle, en raison de travaux importants sur le barrage principal de la Morge.
Ces travaux ont nécessité une crue décennale exceptionnelle, vidant presque le lac d’Orient. La récente crue de la Seine est donc une opportunité pour combler ce déficit. « On avait encore 22 millions de m³ de retard », indique Émeline, ajoutant que le remplissage se fait lentement, avec une moyenne de 1 à 2 millions de m³ par jour.
Pour les lacs Amance et du Temple, les objectifs saisonniers sont presque atteints. Le taux de remplissage est de 65 %. « Le pic est passé et la décrue est installée sur la rivière Aube », souligne Émeline. De plus, la surproduction est extrêmement faible, à moins de 2 millions de m³ sur un volume total de 170 millions de m³.
Cette situation est typique pour une crue hivernale, largement anticipée par l’EPTB. « On travaille avec le service prévision des crues qui nous donne des tendances », précise la spécialiste. Les prévisions de Météo France sont également surveillées pour anticiper les événements pluvieux.
En cas de nouvelles pluies, les lacs disposent d’une bonne marge de manœuvre. Cela leur permet de contribuer à l’écrêtement des rivières. Les Aubois et la région parisienne peuvent donc rester sereins. Un pic à 3,54 m a été mesuré à Paris-Austerlitz, mais la situation reste gérable.
Le lac de la Pannecière joue également son rôle dans la gestion des crues. Toutefois, Émeline Amblard-Henry rappelle que « nous ne contrôlons pas tous les affluents ». Une grosse crue sur la rivière Yonne pourrait avoir des conséquences, mais pour l’instant, il n’y a pas de raison de s’inquiéter.
En résumé, la gestion des crues dans l’Aube est efficace et bien organisée. Les lacs réservoirs jouent un rôle crucial dans la prévention des inondations. Grâce à une surveillance constante et à des prévisions précises, la situation actuelle est maîtrisée. Les Aubois peuvent donc se sentir en sécurité face aux événements climatiques récents.