
Chaque fois que je croise une photo de Jeff Bridges sur les réseaux sociaux, un frisson me parcourt. Mon esprit s'emballe et pense au pire. Non, pas lui, il ne peut pas partir, il est si jeune, la vie est vraiment injuste. Heureusement, ces pensées morbides ne se sont jamais matérialisées. À 76 ans, Bridges est toujours là, un peu excentrique mais c'est ce qui fait son charme.
Je continuerai à ressentir cette peur chaque fois que je vois El Nota, son personnage dans El gran Lebowski. Lorsque Bridges partira, c'est ce personnage qui sera le plus souvenir de sa carrière. Je pense aussi à lui en regardant Verdades ocultas avec Ethan Hawke. Étonnamment, j'apprécie cette série, bien que je trouve El gran Lebowski fondamentalement irritante.
Verdades ocultas pourrait également être irritante, mais pour moi, ce n'est pas le cas. Lee Raybon, le protagoniste, est un libraire désabusé avec des aspirations de détective privé. Contrairement à un simple dessin animé, son personnage est interprété avec profondeur par un Ethan Hawke désinhibé.
La série partage un univers semblable à celui des frères Coen dans El gran Lebowski et Fargo. Verdades ocultas aurait parfaitement pu être une saison dérivée de Fargo. En effet, ces deux œuvres représentent des concepts plutôt que des lieux ou des personnes. Sterlin Harjo, le créateur, en est conscient et en joue habilement.
Il dose l'extravagance avec soin, évitant que celle-ci ne dévore l'œuvre, un problème que certaines séries, comme Poker Face, ont rencontré. Verdades ocultas est à la fois excentrique et maîtrisée, offrant une belle balance entre le sordide et le comique.
Lee Raybon est un personnage complexe, à la fois comique et tragique. Sa vie est une succession d'erreurs qu'il accepte avec humour. Ethan Hawke, un vestige glorieux d'une époque révolue, a su traverser les modes et les tendances. À la fin des années 90, El Nota était une mode, mais il a perduré dans la culture pop.
Des figures comme Leonardo DiCaprio dans Una batalla tras otra ou Ethan Hawke dans Verdades ocultas témoignent de cette résilience. Jeff Bridges, quant à lui, continuera d'inspirer, et j'espère qu'il sera présent encore longtemps.
Lorsque Jeff Bridges ne sera plus là, son influence et celle de son personnage emblématique resteront éternelles. La série Verdades ocultas illustre parfaitement cette dualité entre le comique et le sordide, tout en offrant une critique subtile de la société américaine. La magie de ces œuvres réside dans leur capacité à faire coexister ces éléments contrastés.