
Le représentant de la plate-forme asiatique d’ultra fast fashion Shein est attendu au Sénat mercredi matin. Cette audition fait suite à des mois de remous et plusieurs convocations déclinées à l’Assemblée nationale. Quentin Ruffat, porte-parole de Shein en France, sera entendu en même temps que Frédéric Merlin, président du groupe SGM qui exploite le BHV.
La commission des Affaires économiques du Sénat a prévu cette « table ronde Shein - BHV » dès 9h45. De nombreux sénateurs, issus de toutes tendances politiques, sont attendus pour cette séance au palais du Luxembourg.
Shein avait décliné plusieurs convocations devant l’Assemblée nationale en novembre et décembre. La raison invoquée était la procédure de justice en cours concernant la demande de suspension de son site après la vente de produits interdits. Malgré cela, le tribunal a rejeté la demande de l’État, qui a fait appel.
La prochaine audience est prévue pour le 5 février. Sandrine Le Feur, députée Renaissance, a qualifié l'absence de Shein d’« irrespectueuse » et a saisi la procureure de la République. Dans cette affaire, Shein risque une amende symbolique de 7 500 euros.
Shein a confirmé sa présence au Sénat dans un contexte moins houleux qu’à l’automne. Cela fait suite à la découverte de la vente sur son site de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes. Cela a suscité une forte réaction du public et des autorités.
Frédéric Merlin, président de la SGM, avait accepté d’être entendu en novembre par les députés. Il souhaitait s’expliquer sur l’ouverture d’un magasin Shein au BHV, défendant ainsi une décision commerciale visant à revitaliser le grand magasin en difficulté.
Malgré l'ouverture, l'espace Shein au BHV connaît un démarrage poussif. Les clients constatent moins de choix et des vêtements plus chers qu'en ligne. Cela soulève des interrogations sur la stratégie de la marque au sein du grand magasin.
Dans ce contexte, la SGM a décidé de repousser sine die l’ouverture de corners Shein dans cinq magasins Galeries Lafayette rebaptisés BHV à Dijon, Reims, Grenoble, Angers et Limoges. Cette décision souligne les défis que rencontre la marque face à la concurrence.
En somme, l'audition de Shein au Sénat représente un moment crucial pour la marque et le secteur de l'ultra fast fashion. Avec des enjeux juridiques et commerciaux importants, il sera intéressant de suivre les développements de cette affaire. Le débat autour de la responsabilité des grandes marques de mode continue de s'intensifier.