
Au 41e jour de la fermeture partielle du département de la Sécurité intérieure (DHS), le Sénat tente d'éviter une aggravation du chaos. Les négociateurs républicains ont envoyé aux démocrates leur "dernière et finale" offre, a déclaré John Thune en entrant en séance — sans en livrer le texte. Le vote de test sur le financement du DHS doit avoir lieu cet après‑midi; d'ici là, la pression monte, notamment à cause des perturbations croissantes dans les aéroports et des agents qui restent parfois sans salaire.
À Washington, la tactique ressemble à un bras de fer lent. Les républicains disent avoir présenté une mouture susceptible de clore l'impasse; les démocrates, qui avaient proposé des réformes pour Immigration and Customs Enforcement (ICE), l'avaient déjà rejetée plus tôt cette semaine. "Les démocrates ont maintenant entre les mains ce que je pense être notre dernière et finale offre", a résumé Thune. Angus King, qui siège avec les démocrates, indique: "Nous examinons cette offre maintenant."
La chambre haute déplace les pions en parallèle: une motion pour clore les débats sur un amendement exigeant une pièce d'identité pour voter se tient d'abord — il faut 60 voix pour y parvenir — puis le vote sur l'avancement du financement du DHS suivra. La sénatrice républicaine Katie Britt parle de "conversations très fructueuses" avec des collègues démocrates et insiste sur l'urgence: "Ces missions ne doivent pas rester sans financement... et les hommes et femmes qui travaillent doivent être payés." Thune a reconnu l'implication de la Maison‑Blanche dans les échanges et espère "trouver une voie pour conclure cela aujourd'hui."
Les conséquences politiques et pratiques sont claires et immédiates. Des files, des vols retardés et des services limités rappellent que l'arrêt de financements touche des opérations essentielles. Le Sénat, qui doit partir en congé de deux semaines à la fin de la semaine, n'exclut pas de retarder cette pause si aucun accord n'est trouvé. Le président a, de son côté, averti qu'il envisagerait "des mesures très drastiques" si la paralysie se prolonge.
L'enjeu est simple: transformer une offre en majorité. Si le texte républicain ne s'écarte guère des propositions précédentes — notamment en restant silencieux sur les réformes de l'ICE demandées par les démocrates — la crise perdurera. Les négociations entrent désormais dans une phase décisive: soit une majorité sénatoriale avalise un compromis, soit le pays entame une nouvelle semaine d'incertitude administrative et de perturbations sur le terrain.