
La Niña perd de sa force dans le Pacifique. Après plusieurs mois de refroidissement, la température de surface de l’océan remonte vers la neutralité et les eaux en profondeur se réchauffent, signe que l’événement se dissipe. Le Bureau australien de météorologie et le Climate Prediction Center de la NOAA estiment tous deux qu’un retour à des conditions neutres devrait intervenir d’ici le printemps et se maintenir pendant l’été de l’hémisphère nord.
Les observations sont contrastées mais claires : l’indice Niño‑3.4 tourne autour de -0,5 °C, les eaux sous-jacentes montrent un gain de chaleur, tandis que l’atmosphère envoie des signaux mixtes — des alizés localement renforcés et une convection plus faible autour de la Date Line. Ce cocktail explique la prudence des prévisionnistes : la transition est engagée, mais le système océan‑atmosphère reste instable et sensible aux fluctuations saisonnières.
Au-delà de l’été, les modèles divergent mais penchent pour un El Niño possible dans la seconde moitié de 2026. Plusieurs simulations donnent entre 50 % et 60 % de probabilité, la moyenne multi‑modèles et l’ensemble nord‑américain (NMME) plaçant même la probabilité autour de 62 % pour juin‑août. Les prévisionnistes rappellent toutefois la barrière de prévisibilité saisonnière : les projections à long terme, surtout au printemps, restent moins fiables. Si El Niño se forme, il y a environ une chance sur trois qu’il soit « fort » pendant octobre‑décembre (Niño‑3.4 ≥ +1,5 °C).
Pourquoi cela compte : El Niño tend à élever la température moyenne globale d’environ 0,1 à 0,2 °C. Dans un climat déjà en réchauffement, cette hausse supplémentaire peut suffire à établir de nouveaux records annuels. Sans l’effet rafraîchissant de La Niña et avec un éventuel El Niño, 2026 ou 2027 pourraient donc figurer parmi les années les plus chaudes enregistrées.
Les conséquences météorologiques sont aussi bien connues : des pluies plus abondantes dans le sud des États‑Unis et certaines régions du sud de l’Europe, un Nord de l’Amérique plus chaud et plus sec, une activité cyclonique atlantique souvent réduite et un Pacifique central et est plus propice aux tempêtes. Pour l’heure, le Pacifique est en transition : l’hiver La Niña s’estompe, la neutralité s’installe — et la suite dépendra de quelques mois de météo océanique qui décideront si la planète prend un nouveau tour chaud.
« Une transition vers des conditions ENSO‑neutres est attendue au printemps 2026, puis El Niño est probable en juin‑août avec une chance de 62 %. »
« Si El Niño se confirme, il pourrait ajouter 0,1 à 0,2 °C à la température globale annuelle, augmentant le risque de records de chaleur. »