
Sigma Dos pour El Mundo livre un portrait contrasté : alors que Vox progresse dans des régions comme l’Estrémadure et l’Aragon, cet élan ne se retrouve pas à Castilla y León. Le 15 mars, indique l’enquête, le parti d’extrême droite perdrait un point par rapport à 2022, et la dynamique locale semble profiter surtout au principal parti de gouvernement régional.
Le bénéficiaire net de ces mouvements serait le Parti populaire, qui capterait des électeurs à la fois du PSOE et de Ciudadanos : selon le sondage, il « volerait » 11 300 voix au PSOE et en récupérerait 22 300 depuis Ciudadanos. Ainsi, sa part passerait de 31,4 % à 35,8 % des suffrages, ce qui traduit un gain notable depuis 2019.
Concrètement, cette évolution placerait le Parti populaire à environ 32 à 35 sièges dans les Cortes, soit un gain de 4,4 points par rapport à la dernière échéance, et renforcerait la position d’Alfonso Fernández Mañueco dans la région.
Vox reculerait légèrement, d’un retrait de 0,8 point : la formation passerait de 17,6 % à 16,8 % des voix. Pourtant, malgré cette baisse marginale, le parti conserverait ses 13 procuradores et pourrait même en ajouter un dans la province de Soria, signe d’une implantation locale encore solide.
Les sondeurs attribuent cette stagnation à une incapacité à séduire les nouveaux électeurs et à mobiliser les abstentionnistes de 2022, de sorte que la poussée d’extrême droite observée ailleurs ne se transforme pas en gains supplémentaires ici.
Carlos Martínez et le PSOE resteraient, selon le sondage, presque stables sur l’ensemble : la part de voix glisserait de 30 % à 29,8 %, mais le parti pourrait perdre deux procuradores, passant de 28 à 26 sièges. En dépit de ce léger recul, plusieurs circonscriptions demeurent extrêmement serrées.
Ces marges réduites laissent la porte ouverte à des retournements dans certaines provinces où quelques dizaines de voix suffiraient à modifier l’équilibre final.
La carte des petits partis évoluerait également. Soria YA, qui dispose aujourd’hui de trois sièges, pourrait en conserver un ou deux le 15 mars, tandis qu’à Ávila la représentation décroîtrait — on passerait d’un siège et 1,1 % des voix à environ 0,8 %. Ces variations locales traduisent la polarisation du vote selon les territoires.
Sur l’échiquier national de la gauche, Podemos disparaîtrait des Cortes en chutant de 5,1 % à 3,7 %, alors que IU‑Sumar atteindrait 4,5 %. Autant de mouvements qui peuvent redistribuer des sièges lorsque les résultats se jouent sur de faibles écarts.
La caractéristique la plus marquante de ce sondage tient à la volatilité des circonscriptions : plusieurs sièges se joueraient à très peu de voix, et c’est précisément cette incertitude qui rend l’élection de Castilla y León plus compétitive qu’elle n’en a l’air. Ainsi, une poignée de voix pourra déterminer la composition finale des Cortes.
Reste que ces projections restent des estimations et que, jusqu’au dépouillement, chaque bureau de vote peut influer sur la carte politique régionale : la campagne et la mobilisation seront décisives d’ici au 15 mars.