
Brigitte Macron aurait-elle qualifié certaines militantes de « sales connes » ? Cette question émerge après un incident où des militantes ont perturbé le retour sur scène de l'humoriste Ary Abittan. En réaction, un collectif féministe de l’Oise demande l’annulation de son spectacle prévu le 7 février au Tigre de Margny-lès-Compiègne.
Ce mouvement interassociatif regroupe des organisations telles que l'Union des Féministes de l’Oise et le planning familial. Ces groupes, dont Nous Toutes Beauvais et les syndicats CGT, FSU et Solidaire étudiant·es Compiègne, reprochent à Abittan d'être mis en cause pour des violences sexuelles. Ils estiment qu'il inverse la culpabilité et continue à être programmé sans remise en question.
Pour le collectif, il n'est « plus possible de mettre sous les feux des projecteurs des briseurs de vie ». Ils affirment que cette programmation contribue à une forme d’impunité et soulève des questions sur la responsabilité des acteurs culturels. Cela va au-delà de la simple décision judiciaire.
Après deux plaintes pour violences sexuelles, Ary Abittan a bénéficié d’un non-lieu. Cette décision ne l'innocente pas, mais indique que les faits n'ont pas pu être établis. Le collectif rappelle qu’« une femme a dénoncé le viol » en fournissant des preuves matérielles et des expertises médicales.
Les associations déplorent également qu'Ary Abittan « n’ait entamé aucun processus de remise en question ou de réparation ». Elles dénoncent son attitude, le qualifiant de victime alors qu'il est mis en cause. Dans leur communiqué, elles affirment ne pas vouloir remplacer les instances judiciaires.
Le collectif appelle les programmateurs et artistes à « prendre leurs responsabilités au nom de la dignité humaine ». Ils dénoncent ce qu'ils appellent la culture du viol, qui minimise et normalise les violences faites aux femmes et aux minorités de genre.
Les signataires mettent en lumière l’inversion de la culpabilité dans le discours médiatique. Ils estiment que « l’agresseur devient la victime » dont la carrière est affectée, tandis que « la victime réelle est oubliée ». Cette situation est jugée insupportable et constitue, selon eux, « une violence de plus ».
La controverse autour d'Ary Abittan souligne des tensions profondes dans la société concernant la responsabilité des artistes face à des accusations graves. Le collectif féministe de l’Oise appelle à une réflexion sur la dignité humaine et la nécessité de prendre position contre les violences faites aux femmes.