
Les ministres suisses sont actuellement à Washington pour des discussions visant à réduire les tarifs douaniers de 39 % imposés par le président américain Donald Trump sur les exportations suisses. Ce taux est le plus élevé d'Europe et a des conséquences économiques sérieuses pour la Suisse. Les efforts initiaux de la présidente suisse Karin Keller Sutter n'ont pas eu l'effet escompté, mais une récente visite d'hommes d'affaires a semblé influencer Trump.
Un responsable de l'administration a déclaré que les pourparlers entre les ministres suisses et les États-Unis étaient "très positifs" et "très axés". Ils sont conscients du décit commercial avec les États-Unis et sont prêts à le traiter. La situation actuelle a incité les chefs d'industrie suisses à adopter une approche plus créative lors de leur rencontre avec Trump.
Le 4 novembre, des dirigeants suisses ont été reçus à la Maison Blanche, apportant des cadeaux, dont une montre Rolex en or et une barre d'or gravée par MKS, une entreprise de raffinage de l'or. Cette initiative a été bien accueillie, et Trump a récemment mentionné qu'un accord était en cours pour réduire les tarifs "un peu".
Après les discussions, les industriels suisses ont déclaré que leur initiative était menée dans un esprit d'unité entre le secteur privé et public. Certains acteurs, notamment dans le secteur des biens de luxe, avaient déjà des contacts dans l'entourage de Trump, ce qui a facilité les échanges.
Trump a réagi à la présence de Dufour, le PDG de Rolex, en se demandant si celui-ci serait venu sans les lourds tarifs. La rencontre a permis de renforcer les liens entre les entreprises suisses et l'administration américaine. Les chefs d'entreprise présents, comme Johann Rupert de Richemont, ont également contribué à ce dialogue.
La tradition veut que les dirigeants apportent des cadeaux lors de leurs visites à la Maison Blanche. Des exemples récents incluent une invitation du roi Charles par le Premier ministre britannique et un certificat de naissance encadré offert par le chancelier allemand. Les cadeaux sont ensuite considérés comme propriété des États-Unis, ce qui soulève des questions sur leur avenir.
Le ministre suisse de l'Économie, Guy Parmelin, et la négociatrice en chef, Hélène Budliger Artieda, sont plus optimistes quant à une éventuelle réduction des tarifs. Des rumeurs circulent sur une possible baisse à 15 %, alignant ainsi la Suisse sur ses voisins de l'UE. En échange, des promesses de construction d'usines par des géants pharmaceutiques suisses aux États-Unis sont déjà sur la table.
Swiss International Airlines pourrait également envisager un changement de fournisseur, passant d'Airbus à Boeing. Cependant, la question demeure de savoir si ces concessions suffiront à apaiser les tensions. Les entreprises suisses craignent des licenciements si la situation ne s'améliore pas.
Une autre figure influente, le président de la FIFA Gianni Infantino, pourrait jouer un rôle clé. Des parlementaires suisses lui ont suggéré de tenter de persuader Trump. Lors de sa visite à la Maison Blanche en août, Infantino a remis le trophée de la Coupe du Monde à Trump, soulignant leur amitié.
Infantino a également annoncé un prix de la paix de la FIFA, qui sera dévoilé à Washington le 5 décembre. Cette initiative pourrait renforcer les liens entre la Suisse et les États-Unis, mais les résultats restent à voir.
La Suisse fait face à un défi de taille avec les tarifs de Trump, mais les récentes initiatives montrent une volonté de dialogue et de collaboration. Les efforts des dirigeants suisses pourraient porter leurs fruits, mais l'issue reste incertaine. Les entreprises suisses et leurs représentants attendent avec impatience des résultats concrets pour éviter des conséquences économiques graves.